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 evily ❅ come as you are

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Sweet Heart

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Date d'inscription : 21/04/2012

MessageSujet: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:15

« emma. emma t'énerves pas s'teuplait. emma.... non.... EMMA NON ARRÊTE, ARRÊTE. putain. mais arrête.. »
il prit ses mains pour essayer de la calmer, mais elle lui lança un regard noir avant de le repousser d'une violence qu'elle-même ne connaissait pas. le dos d'evan se cogna contre la porte de leur chambre, et il ferma les yeux un instant. « laisse moi evan. t'es qu'un enfoiré. j'comprends même pas comment j'ai pu croire en nous putain. et cette bague, cette bague.. QUELLE CONNERIE CETTE PUTAIN DE BAGUE. » elle l'arracha de son annulaire et la jeta en sa direction. c'est son œil qui fit la réception. ce lancer lui valut un bel œil au beurre noir. mais pourquoi "noir"? il était bleu. c'est un œil bleu. il n'y a là ni beurre, ni noir. son œil bleuissait, c'est tout. il s'abaissa pour ramasser l'alliance qui était désormais à terre et laissa échapper un soupir. son ex, quant à elle, ouvrit tous les tiroirs à la fois et lui balança tous ses vêtements à la figure, en pleurant. le cœur d'evan se brisa en un million de petits fragments. il sentait sa cage thoracique se compresser et sa gorge se serrer de plus en plus. il n'aimait pas voir emma dans cet état-là, il aurait préféré être à sa place. emma était une fille douce, agréable, intègre, honnête et très gentille. et malgré ses milliers de qualités, malgré son attachement à elle, il ne parvenait pas ou plus à l'aimer comme il aimait lily. c'était un amour, ça, il le savait. mais un amour trop peu puissant, un amour trop banal, un amour quelconque. le rôles auraient du être inversés, il aurait dû être dingue de sa fiancé et ne presque rien ressentir pour lily. il s'en voulait. il s'en voulait terriblement de la mettre dans telle colère. une colère qui allait très prochainement s'enchaîner avec une tristesse sans pareil. il mourrait d'envie d'aller la prendre dans ses bras, mais il restait là, prit ses vêtements et sortit de la maison, leurs deux alliances en main, ainsi que ses vêtement et son œil bleuté. il en avait marre. à cet instant, il voulait s'allonger au sol et pleurer. il voulait fermer les yeux et ne pas les rouvrir. ça le touchait trop, ça le touchait beaucoup trop. il voulait frapper dans le mur si fort que son poing soit en sang. il laissa tout tomber, et partit. merde. l'alliance. il s'abaissa et la reprit, puis regarda la maison quelques secondes encore, et courut vers le trottoir. il sortit une cigarette du paquet qui était dans la poche de son jeans, et l'alluma. sur sa joue, auraient pu couler des dizaines de larmes brûlantes à lui détruire la peau. mais il serrait les dents sur le trajet, et se retenait d'en verser une. pas une. pas une seule. il ne pleurerait pas. il saisit son téléphone dans l'autre poche, et rédigea un message à lily, de sa seule main libre.


lily ♡
y'aurait moyen qu'on se voie? du genre.. maintenant.

eh...
s'il te plait..? - e.

et mon cœur bat à cent à l'heure. l'attente, le stress, l'angoisse. réponds. j't'en prie, réponds. maintenant. me laisse pas. j'suis un salaud. pourquoi j'ai fait ça. merde. en plus j'viens d'accidentellement me cramer la main avec ma clope. j'suis doué pour faire d'la merde. on allait se marier. j'ai tout gâché. pourquoi j'ai fait ça lily, pourquoi j'suis comme ça. j'en ai marre. réponds.
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:16

Des jours. Des jours entiers. Des heures pleines, des après-midi lassantes, des nuits aussi longues que solitaires. Il était loin, le temps où elle se rendait chez son meilleur ami en soirée, pour finalement, s'endormir près de lui, doucement, à la nuit tombante. Epoque qu'elle pensait révolue suite à un baiser qu'elle n'avait pas prévu.
Un baiser fortuit, un baiser délicat. Un baiser intense. Plus intense que jamais. Il la bouleverserait encore, au point de la torturer, corps et âme. Depuis quinze jours, elle repassait la scène en boucle. Partagée par la culpabilité d'avoir donné raison aux soupçons de jamie, et une culpabilité encore plus forte d'avoir autant apprécie ce délice interdit. Rien ne serait plus pareil, après cela. Véridique. Mais en quoi cela allait-il être différent ? Là était le nœud du problème. Quelle était l'attitude à adopter ? Quelle conclusion à en tirer ? De quelle manière présenter ses excuses aux personnes qui ont pu être blessées ?
Les questions se succédaient sans mal au fil des jours, et pourtant, Lily ne sut répondre à aucune d'entre elles. C'est pourquoi elle se contenta d'adopter l'attitude qui la caractérisait assez bien en cas de crise : la méthode autruche. Enfouir sa peine hurlante tout au fond de son cœur, fermer ses petits yeux en amande teintés par la culpabilité, se cacher sous sa couette, et attendre que les problèmes s'arrangent. Attendre que cette passion se calme, qu'elle cesse de faire brûler ses flammes, de tout détruire sous son passage. Qu'elle ait pitié d'elle, qu'elle en finisse avec elle. Son cœur était déjà assez calciné comme ça. Sa peau également, mais celle-ci l'avait uniquement été par le touché d'Evan, qui s'était révélé bien plus puissant qu'elle ne l'aurait cru.
Oui, faite que son mal-être disparaisse, ou du moins, assez pour avoir le cran d'adresser à nouveau la parole à Evan. Oui, méthode autruche, entièrement. Méthode qui n'avait jamais fait ses preuves, cela dit. Mais c'était toujours mieux que se planter devant Evan, dévorer ses yeux noisettes, sans savoir qu'elles étaient les bonnes paroles, les bons mots. Tant qu'elle ne trouverait pas ces mots essentiels, et ce malgré les efforts que cela lui demandait, Lily préférait la sécurité : éviter. Eviter sa conscience, éviter ses responsabilités Eviter Jamie, aussi. Eviter Evan, aussi et surtout. Bordel, c'est fou ce qui lui manquait. Dingue de voir combien elle en était dépendante.
Rejetant la couette avec colère, la jeune anglaise quitta son lit, incapable de se mettre dans la peau d'une marmotte sans avoir à se morfondre. Se doucher, voilà ce qu'il lui fallait. Noyer ses idées noires, faire taire ses pensées, et laver sa culpabilité. Quittant les flots de la douche au bout de vingt minutes, une serviette enroulée autour du corps, elle rejoignit le comptoir de la salle de bain, prenant en main le téléphone qu'elle avait entendu vibrer, malgré les éclats de l'eau :

evan ♡
y'aurait moyen qu'on se voie? du genre.. maintenant.

eh...
s'il te plait..? - e.

Son sang ne fit qu'un tour. Premières nouvelles de sa part. Le voir ? Maintenant ? Sa raison lui cria de fuir, sans réfléchir. Refuser, ou ne pas répondre. Mais sans s'en rendre compte, elle tapa en quelques clics :


evan ♡
Dis moi où, j'y serai dans dix minutes.
C'est promis. - l.
Une promesse qu'elle était terrifiée de tenir. Mais hors de question pour elle de s'y soustraire. Enfilant le plus rapidement possible quelques vêtements, elle attrapa son sac et se rendit à sa voiture, espérant qu'Evan lui transmette le lieu du rendez-vous d'ici là. Le trajet fut court, mais laborieux. Concentrée au possible, Lily menait un véritable combat dans sa tête. Qu'allait-il lui annoncer ? En réalité, bien qu'elle ne l'avouerait jamais, elle était terrorisée à l'idée de l'entendre dire les mots : il faut qu'on arrête de se voir. Je veux protéger mon couple. Suite à ce qui s'est passé, il est temps pour nous de ne plus se fréquenter. Était ce vraiment ce qui comptait lui dire ? Si tel était le cas, il était temps de faire demi-tour. Mais Lily avait promis d'être là pour lui. Pour toujours. Et ce même si cela signifiait qu'elle devait entendre de sa bouche qu'il préférait s'éloigner d'elle pour ne pas nuire à ses fiançailles. C'est ainsi que la petite brune se retrouva à Echo Park, reconnaissant celui qu'elle était venue voir en un coup d’œil. Il était de dos, il attendait. Malgré la peur qui lui rongeait le peu d'entrailles qui lui restait, son besoin de le sentir près d'elle la poussa à avancer. Une fois près de lui, respectant une distance raisonnable afin de se protéger de cette proximité qui lui avait toujours fait perdre la tête, la jolie anglaise s'arrêta et murmura : " Evan, je suis là. C'est moi. " il se retourna. Et elle se décomposa. Cette trace bleutée ... Sur un si beau visage ... Elle en oublia ses principes, ses nouvelles règles, sa distance. Le tout pour glisser sa main sur sa joue, son pouce contournant avec douceur la marque sur son œil : " Mon dieu, Evan ... Qu'est ce qui t'est arrivé ? " son regard ancré dans le sien lui rappela qu'elle n'avait plus le droit de faire ça. A contre-coeur, sa main quitta petit à petit son visage. Elle l'observait, tandis qu'une idée effrayante lui vint à l'esprit : et s'il s'agissait de ... D'une voix fragile, presque inaudible, elle demanda : " Evan ... ? "
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:16

attendre. sans arrêt. toujours attendre. c'est toujours pareil. putain c'est toujours pareil. j'passe tout mon putain de temps à attendre. j'ai attendu avant de tout expliquer à emma. bordel, pourquoi j'ai fait le con. je revois son visage, son regard complètement assombri par la peur, la destruction, la déception. comment ai-je pu être un trou du cul à ce point? j'y comprends plus rien. j'me reconnais plus. j'sais pas. j'sais plus. plus rien. j'me suis perdu en chemin. tout devait être parfait. je devais rester avec emma tout le restant de ma vie. avoir de beaux enfants avec elle et vivre une relation pleine de complicité de joie, de bonheur, d'amou.. ah. voilà où est le problème. l'amour. mais quel amour. celui que je destine à la mauvaise personne? lily. elle me manque. son odeur, sa peau, ses yeux, la douceur de ses mains, son sourire, ses lèvres. oui. c'est ça. voilà où tout a foiré. c'est en pensant à lily que je me mets à trembler. c'est en la voyant que mon cœur bat à du trois mille à l'heure. c'est en sentant son parfum que je me sens pousser des ailes. c'est uniquement avec elle que j'ai cette impression constante de voler. quel enfer. en plus c'est vraiment trop niais. carrément gnan-gnan. en fait, avec elle.. j'ai l'impression d'être constamment défoncé. j'ai l'impression de pouvoir affronter le monde, les gens, la vie. j'me sens bien. j'me sens fort. j'ai pas autant ce sentiment d'importance que j'ai avec emma. parce qu'emma... elle m'adore. elle me met sur un genre de pied d'estale. à tel point que c'en deviendrait même une jambe. une jambe d'estale. emma me cuisinait toujours des bons petits plats. même quand ça n'allait pas. surtout quand ça n'allait pas. elle avait cette habitude de me chouchouter quoiqu'il arrive, de m'aimer comme c'est pas permis. peut-être que je m'étais lassé.
il marchait sans même se rendre compte de son pied devant l'autre. marcher était devenu une habitude.
un pied, puis l'autre. puis le premier, à nouveau, et l'autre. c'est fou l'importance qu'on donne au premier pied posé au sol. le deuxième pied c'est l'autre. celui auquel on ne fait pas attention. celui qui nous sert, autant que l'autre, mais c'est celui qu'on voit le moins. celui dont on parle le moins. le pied droit, dans mon cas. j'suis gaucher. emma est mon pied droit. lily est mon pied gauche. et c'est horrible cette comparaison que je fais parce que emma est censée être mon pilier. mes deux pieds. cette partie de moi qui me rend meilleur. mais avec elle j'suis devenu un véritable enfoiré. ma conscience me parle, elle me crie dessus depuis deux semaines. des vois stridentes qui ne sortent jamais de ma tête. des vois qu'on n'oublie jamais. ça me hante. les erreurs, ça se fait. mais ça ne se répète pas. « tu n'es qu'un pauvre con, evan. ta célébrité t'es montée à la tête. t'as cru pouvoir faire ce que tu voulais des gens, de toi. t'as cru pouvoir appartenir à tout le monde. espèce d'enflure. les gens comme toi ne méritent pas d'exister. tu devrais juste cr..» ASSEZ. STOP. ARRÊTEZ ÇA. JE SAIS. JE SAIS QUE JVAUX RIEN. PUTAIN STOPPEZ ÇA.
cette réflexion intense l'avait aveuglé au point de ne pas se rendre compte qu'il était présentement dos à un arbre. au point d'oublier qu'il respirait. au point d'oublier que son cœur battait. au point où il croyait rêver. son doux réveil fût la voix angélique de lily. « Evan, je suis là. C'est moi. » et c'est la dure réalité qui le força à se retourner. il était réveillé. le visage de lily changea instantanément d'expression, à la seconde même où son regard croisa le sien. le cœur d'evan se glaça face à cette lueur de frayeur dans les yeux de lily, mais il ne pût rien dire. les mots ne sortaient plus. « Mon dieu, Evan ... Qu'est ce qui t'est arrivé ? » evan serra les dents. si tu savais lily, si tu savais. il se racla la gorge tandis que les douces mains de la brune caressaient son œil bleu, son regard plongé dans le sien. celui d'evan coula sous une inondations de question, quand elle se recula de lui et s'arrête de le caresser. « Evan ... ? » il reprit ses émotions. enfin non, c'est faux. mais il en reprit juste assez pour parler. « c'est le résultat d'une alliance lancée dans la gueule, t'inquiète pas, j'me suis pas battu. » dit-il, accompagné d'un petit rire nerveux. il baissa les yeux et jeta sa cigarette qu'il ne fumait même pas. de sa main, il cherchait celle de lily. il se résigna à la tenir d'une légèreté extrême. comme un frôlement. mais c'était elle. c'était sa peau. il n'avait pas besoin d'aller dans les abus. quand il était avec elle, c'était toujours doux, toujours sage, toujours au ralenti. toujours.. beau. « t-tu vas bien..? » un petit sourire se dessina lentement sur son visage. il releva la tête pour la regarder à nouveau, sans que l'image de sa main, un dixième dans la sienne, ne quitte son cerveau. il n'y avait personne autour. aucun autre son que celui de leur deux cœurs qui battaient en accéléré. il n'y avait rien pour les déranger. evan ne voyait plus l'endroit où ils étaient, juste le visage de lily, et leurs mains. leurs mains..[/color]
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:17

La culpabilité. Quel enfer. On en parle pas assez, jamais assez. On n'y fait jamais attention. Puis un jour, on se sent vivant. On déploie ses ailes d'anges, on franchit le pas. Pour, au final, faire quelque chose, entreprendre une action. Quelque chose qu'on n'aurait jamais du faire. Et c'est là qu'elle arrive, l'incongrue. Le petit insecte perfide qui vous ronge la conscience, le cœur, voire même les entrailles, pour les plus malchanceux d'entre nous. Jamais Lily n'aurait cru être victime d'une culpabilité aussi puissante.
Après tout, elle n'était pas une mauvaise fille, loin de là. La petite anglaise était une fille honnête, loyale, et avait pour habitude de se montrer douce et agréable avec n'importe qui. Suite au douloureux divorce de ses parents qui avait marqué sa jeunesse, elle s'était toujours promise d'être droite et sincère en amour. D'aimer le garçon comme il devait être aimé. De ne jamais lui faire de mal. N'avoir rien à se reprocher. Mais plus elle grandissait, plus elle réalisait que c'était un projet particulièrement compliqué à réaliser. Depuis qu'elle avait embrassé Evan, elle se disait même que c'était un projet impossible.
Malgré cette culpabilité, elle alla le retrouver, sans hésiter. Mais le bonheur de le revoir était ternie par la crainte qu'elle ressentait en le voyant blessé. La jolie brune, telle une fée, passa ses doigts fins sur sa peau bleutée, mais s'arrêta presque aussitôt. Elle devait se poser des limites tant qu'elle ne saurait pas pourquoi il lui avait demandé de venir. Elle était terrifiée à l'idée qu'il ne veuille plus jamais la revoir. En attendant, la seule chose dont elle se préoccupait, c'était bien cet œil. « c'est le résultat d'une alliance lancée dans la gueule, t'inquiète pas, j'me suis pas battu. » le regard triste, Lily ne parvint même pas à sourire, à apporter une réponse à cette phrase qui se voulait sans doute rassurante. Car non, elle ne fut même pas soulagée d'apprendre qu'il ne s'était pas livré à bagarres en tout genre. Non, tout était effacé par la première partie de sa réponse. Une alliance lancée dans la gueule. Elle savait ce que cela signifiait. Donc, elle savait. Emma. Cette fille que Lily avait rencontré, apprécié. Pour finalement - dans un certain sens, sans l'admettre - l'envier. Bien sûr, qu'elle l'enviait. Emma détenait la chose la plus précieuse : elle partageait le quotidien d'Evan. Elle était la personne la plus importante pour lui. Elle avait le droit de le caresser, d'être présente pour lui à tout moment, de le voir se réveiller. Etre témoin de ses plus beaux sourires, de ses moments de faiblesse. Elle avait le droit de poser ses mains sur son corps, le regarder dormir, le sentir près d'elle sans avoir à culpabiliser d'une quelconque manière que ce soit. Toutes ces choses que Lily ne pensait pas convoiter jusque là, mais qu'elle s'était permise d'exploiter, malgré tout, il y a deux semaines, en posant ses lèvres sur celles de Peters.
Une pensée lui traversa l'esprit : heureusement qu'Evan m'a trouvée avant. Si cela avait été Emma, j'aurais peut-être plus de cheveux. Voire de bras. Elle a beau être fine et petite de taille, l'amour qu'elle porte à Evan lui aurait donné assez de force pour m'égorger et me faire griller au barbecue, si elle l'avait souhaité. Drôle, comme remarque, diriez vous. Mais pour Lily, c'était tout le contraire. Ça rendait la situation encore plus tragique qu'elle ne l'était.
Bien sûr qu'elle savait que leurs actes auraient des conséquences, bien sûr. Elle mentirait si elle prétendait le contraire. Mais elle espérait, au fond d'elle, qu'ils n'aient pas d'incidence sur le bonheur d'Evan. Et là, présentement, elle se retrouvait là, les bras ballants, incapable de dire quoi que ce soit face à ce qu'elle venait d'apprendre. Les engagements pris par Emma et Evan avaient-ils été réellement compromis à cause d'elle et de son impulsivité débile ? Sans qu'elle le réalise vraiment, sa voix cassé, presque inaudible, tombant de haut, vint déranger le silence : « ... Quoi ? » malgré la sensation de plénitude qu'elle avait ressentie en embrassant Evan, elle se sentait désormais plus bas que terre. Minable. Irrécupérable. La fameuse culpabilité dont je vous parlais tout à l'heure. Elle est là, elle est revenue. Elle n'est jamais partie.
Evan jeta sa cigarette, tandis que dans son esprit, Lily jetait sa dignité. Son esprit se tortura, encore et encore, jusqu'à ce qu'une sensation de chaleur vint apaiser tous les maux. Un sentiment familier. Lily baissa légèrement son regard, tombant alors sur la main d'Evan qui rejoignait timidement la sienne. C'était si doux, et tellement ... agréable. Même ce mot ne rendait pas justice à ce qu'elle ressentait. Malgré ce qu'elle venait d'apprendre, elle ne parvint pas à se dérober à ce frôlement délicieux. « t-tu vas bien..? » depuis que tu es là, oui. Le regard toujours posé sur leurs mains, lily glissa tendrement, légèrement, sa main contre la sienne, avec la douceur qui avait toujours caractérisé leur relation. Pour répondre à sa question, elle hocha doucement la tête, puis finit par la relever pour retrouver son regard. Son regard aussi délicat que ses caresses, que ses gestes. Elle retrouva également son sourire. Face à celui-ci, ses lèvres s'étirèrent aussi, à son tour, en un sourire timide.
Elle répondit alors d'une triste voix : « C'est plutôt à toi qu'il faudrait demander ça ... » N'est ce pas ? Les yeux de la jolie brune ne quittèrent pas ceux d'Evan, s'émerveillant, pour la millième fois, de la beauté de leur couleur. Quant à sa main, elle refusa également de quitter la sienne. Comme si elle en dépendait. Le besoin de lui était toujours là. Bordel, pourquoi avait-elle toujours autant envie d'être toujours plus près de lui ? Son œil bleuté la faisait culpabiliser. Ils ne s'étaient pas revus, depuis ce fameux jour. Depuis le jour où qu'ils s'étaient embrassés, le jour où leurs âmes s'étaient retrouvés, le jour où sa vie avait été chamboulée. Alors, que dire ? Une seule chose lui vint à l'esprit. « Je suis désolée. » Qu'est ce que ça lui était difficile, de lui dire ça. Désolé d'avoir déposé mes lèvres sur les tiennes, désolé d'avoir déclenché le chaos. Lily n'était pas capable de prononcer la suite de cette phrase à voix haute, elle ne souhaitait pas poser des mots sur ce qui s'était passé. C'était trop tôt. Ça le serait toujours. Avec un simple "désolé", elle savait qu'il comprendrait de quoi elle parlait. C'était évident.
Puis, le tactile reprit le dessus. Elle réalisa que ses doigts fins s'étaient doucement faufilés entre ceux d'Evan, sans s'en rendre compte. De sa main libre, elle voulait l’apaiser, le retrouver. Sentir sa peau sous ses doigts, encore et toujours. Tout n'était que beauté quand il était là. Sa main libre, hésitante, s'éleva alors vers le visage de son meilleur ami. Elle frôla une mèche de sa chevelure dorée, près de sa nuque. S'y attardant, Lily passa ses doigts dans cette mèche, lui caressant les cheveux avec légèreté et lenteur. Jouant même avec les fibres cuivrés et ondulés de ces derniers, entre ses doigts fins. Elle ajouta, une nouvelle fois, de manière pensive cette fois-ci : « Je suis désolée ... » maintenant, elle voulait s'excuser pour ça. Pour ses gestes actuels. Son incapacité à s'éloigner de lui. Elle s'excusait de son comportement : continuer à le toucher, alors que c'était ce qui avait provoqué sa rupture avec Emma, qu'elle venait tout fraîchement d'apprendre. Décidement, elle n'avait aucun principe. Elle devait s'arrêter, mais elle ne le faisait pas. Oui, en réalité, elle s'excusait d'être faible avec lui, tout simplement.
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:17

la seconde où tout s'est déroulé, était la seconde fatale. quand j'ai vu son regard empli de déception, foudroyer le mien, j'ai cru mourir. j'ai cru me défenestrer sur place. rien d'autre n'avait d'importance. je voulais la prendre dans mes bras et la consoler. mais j'étais le problème. le nœud du problème. celui qui avait causé, qui avait fait subir. et qui continue. j'étais celui qui avait commis les erreurs, l'erreur la moins pardonnable selon elle, en plus. l'infidélité. comment ai-je pu. il n'y a même pas de point d'interrogation, parce que je suis désespéré. en d'autres conditions, je n'aurais pas compris mon agissement et me serait bourré la gueule pour oublier. seulement il y a une réponse à tout ça. et c'est lily. elle est comme le tunnel de lumière éclatante que l'on aperçoit avant de mourir. elle est ce qui rend tout plus simple. elle est ce qui sauve tout à la dernière minute. elle est un porte-monnaie tombé dans les mains d'un clochard. elle est un puits d'eau en Afrique. elle est le genre de fille qui arrive à te faire croire qu'elle a inventé l'amour. et la douceur aussi. et tellement de belles choses. elle pourrait sauver le monde en un claquement de doigts, en un clignement de cils, en une fraction de seconde. et ses lèvres ont le goût de la passion. une passion dévorante, qui donne des papillons dans le ventre. au point où j'en suis, ce sont des rhinocéros. elle me donne des troupeaux de rhinocéros dans le ventre. ce baiser avait été le plus beau de toute ma vie. et Dieu, Dieu sait que c'est un péché, mais qu'est-ce que j'm'en branle. tu m'entends, Dieu ? j'm'en branle. j'm'en fous de ton jugement à la con, oui, j'ai péché, j'ai trompé. oui, et si ça avait été à refaire, j'l'aurais refait. avec toutes les conséquences, les problèmes, et toute cette merde qui va avec. j'l'aurais refait, parce que c'était parfait, parce que j'me suis senti vivant. parce que j'avais l'impression d'être éternel, de pouvoir tout accomplir putain. j'le referais bien. un million de fois. j'hésiterais pas si j'avais le choix. parce que c'est trop bon. plus bon que tout. plus bon que la vie. plus bon que l'chocolat à la p'tite cuillère, plus bon.. ah, on dit « meilleur » ? alors c'était meilleur. c'était meilleur que les yaourts glacés, meilleur que la sensation de voler, meilleur que du bon rock anglais, c'était même meilleur que de coucher avec n'importe qui. et ça, ça, c'est un péché ça ? allez, vas-y, dis le. j'suis un homme mauvais. je ne cesse de commettre des erreurs. mais les erreurs que je commets quand je suis avec elle me font me sentir tellement meilleur que toutes les bonnes choses que j'ai pu faire.

il était ailleurs, comme à chaque fois. il pensait, à tellement de choses. et son sourire se dessinait à la seconde où il pensait à elle. et quand il fit remonter son regard vers le sien, son sourire devenait encore plus concret que ses pensées. il pouvait, s'en hésiter, l'embrasser à nouveau. mais il pensait à jamie. et ce n'était pas correct. quand c'était arrivé, il y a deux semaines de ça, il n'a pas réfléchi, c'était voulu depuis tellement longtemps que c'était devenu une obsession. et ça l'est toujours, mais il préfère s'être pris, lui, un coup d'un bijou, plutôt qu'elle. son côté protecteur avec elle, il l'a toujours eu. il l'a toujours mise avant beaucoup d'autres choses ou personnes. ç'a toujours été lily qu'il fallait protéger, dont il fallait prendre soin. quelque part, ç'a toujours été elle. comme un bébé. sans les cris et les couches à changer. le silence se faisait habituel, quand elle prit la parole. « …Quoi ? » evan se sentait mal d'entendre sa voix si tremblante. ne sois pas triste, c'est ma faute, ne sois pas triste, je t'en prie. et quelques interminables secondes plus tard, c'était à lui de rompre ce silence qui s'installait à nouveau. « C'est plutôt à toi que je devrais demander ça... » il se racla la gorge. il allait bien. pour le moment. et il se sentait si cruel. quelle cruauté d'aller bien quand celle que tu devais épouser est certainement en train de pleurer comme une folle, en train de s'effondrer sous le poids de la culpabilité. quel homme pouvait être assez inhumain pour se sentir bien en un tel instant ? ses pensés qui s'entremêlaient le firent se taire. il ne répondit rien. « Je suis désolée.. » et il ne sût répondre à ça non plus. il avait les lèvres aussi scellées que son esprit, désormais. il avait même un peu de difficulté à respirer, mais ça, c'était sûrement un mélange d'angoisse et de cette cigarette qu'il a fumé juste avant. ou des innombrables autres, qu'il avait fumé lors de ces soirées à déprimer. doucement, les doigts de lily se glissaient entre ceux d'evan, qui, sans s'en rendre compte, avait les yeux rivés sur son geste. sa bouche s'entrouvrit très légèrement. il avait cette tête qu'on a quand on est dépassé par les événements. d'instinct, il prit la main de lily complètement dans la sienne, et caressait le dos de son pouce avec le sien. il avait toujours le regard vers leur union physique, quand il sentit sa main dans sa nuque. tout doucement, elle allait vers ses cheveux. il ferma les yeux. c'était trop bon. la sentir si près de lui, sa main dans sa nuque. il se demandait si ce n'était pas l'une des meilleures sensations au monde. il se rappela encore une fois le baiser. cette scène qui passait en boucle dans sa mémoire. il ne pouvait se passer de s'en souvenir. elle caressait très légèrement ses cheveux dans l'arrière de sa tête, tandis qu'il avait toujours les yeux fermés. qu'il avait toujours la bouche semi-ouverte. il respirait très lentement, contrairement à son cœur qui battait à du six cent à l'heure. c'était aussi délicat qu'intense. c'était lily. « Je suis désolée... » alors, evan releva les yeux, en les rouvrant lentement. « tu n'as pas à l'être. » il sourit, simplement. sans aucune raison. juste parce que ce contact le rendait heureux. il baissait doucement les yeux vers ses lèvres, et les contemplait. et il eut ce mouvement qu'on pourrait confondre avec une habitude, mais qui n'en était pas une, il se passait la langue sur la lèvre inférieure, avant de l'emprisonner avec ses dents. mais, se rendant compte de ça, il tourna la tête. et tout devint chaos. sa main dans sa nuque le faisait frissonner, leurs deux mains entrecroisées aurait pu le rendre épileptique, son regard ancré dans le sien lui aurait refilé parkinson. mais ses lèvres. ses lèvres. elles le rendait fou. intérieurement, il était en train d'hurler. il ne savait pas pourquoi. mais il hurlait. des centaines de voix hurlaient avec lui. c'était trop. c'était trop pour lui. il avait cette impression de tout détruire, de tout casser, et ça le rendait tellement heureux et malheureux à la fois. l'impact qu'elle avait sur lui le rendait complètement dingue. alors il les fit taire, les voix. il les fit taire, une par une. il ferma les yeux, à nouveau. très doucement. et elles se taisaient. elles se retrouvaient à nouveau toutes dans une partie de sa tête qu'il ne pouvait pas explorer. elles avaient arrêté de prendre le contrôle. et lui aussi. il avait perdu le contrôle, et ce depuis qu'elle était arrivée. toutes ces émotions qu'il ressentait quand elle était là auraient pu le tuer. mais il fermait les yeux, et releva la tête. encore. et toujours. pour que son visage soit face au sien. comme une provocation. comme s'il voulait qu'elle fasse le premier pas. mais il en mourait d'envie. il ne devait pas. il ne le faisait pas. il se contentait de fermer les yeux. et respirait calmement. c'était tout ce qu'il pouvait faire. mais il se rendait bien compte qu'il ne pouvait pas passer sa vie à fermer les yeux, alors il les rouvrit. pour elle. et les voix revenaient, mais elles chuchotaient. elles chuchotaient de jolies choses, des jolies choses que lily aurait pu lui dire. alors il sourit, en coin. « tu es.... »
il la contempla de haut en bas, en regardant chaque parcelle de son corps, pour finalement reposer son regard sur le sien. « tu es magnifique. » mais il aurait tellement aimé pouvoir lui dire quelque chose de mieux. quelque chose de grandiose. quelque chose qui lui correspondait mieux. un mot puissant, un mot spectaculaire, un mot qui fait rêver. mais il n'avait trouvé rien de mieux que « magnifique ». et il la regardait. il avait besoin de lui dire pour que les voix soient plus calmes. dans son monde à lui, c'était normal d'entendre des choses, comme ça. dans son monde à lui, il y avait plein de choses qui différaient du monde réel. mais qu'est-ce que la réalité quand on se crée la sienne ?
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:17

Et elle le regarder, là. Ce garçon, cet homme, cet ange, cette merveille. Elle ne regardait comme jamais elle n'avait regardé personne. Et puis, ses yeux ... En avait-elle déjà parlé, de ses yeux ? Noisettes, oui. Mais pas seulement. Ils avaient cette lueur, cette teinte sombre incroyable. Incroyable, vous dis-je. Comme si ils étaient capables de renfermer un empire à eux seuls. Un empire avec une histoire, des rois. Des batailles, des tortures, des miracles, des merveilles. Des animaux spécifiques, des plantes colorées. Des paysages à en couper le souffle. Des guerres courageusement menées au nom des clans, des principes, et des problèmes rencontrés, aussi. Et c'était probablement le cas. Evan était un empire à lui tout seul. Un empire qu'elle voulait être la seule à découvrir. La seule et l'unique. Ça avait beau être incroyablement égoïste, elle s'en fichait éperdument.
Emma avait-elle réussi à déceler le trésor qui se cachait en lui ? Avait-elle su le déceler, dépenser les richesses qu'il s'y trouvait, lire en son âme comme Lily le faisait ? En restait-elle aussi bouche bée, aussi éblouie ? Si tel était le cas, Lily ne pouvait que comprendre la détresse dont la petite blonde était éprise à l'idée de le perdre. Malgré la jalousie qu'elle ressentait face à la probabilité qu'elle n'ait pas été la première à découvrir la magnificence de cet empire perdu, La petite rousse ressentait de la pitié. Dans quel état se retrouverait-elle, elle-même, si on lui retirait son empire ? Si il avait été pris d'assaut par une jeune aventurière au père musicien, aux yeux noisettes, et aux cheveux bouclés auburn ? S'agissait-il donc de ça ? Lily n'était alors qu'une violeuse de temple sacré, sans foi ni loi ? Une mercenaire qui n'agissait que pour voler les trésors, enfouies et mystérieux, d'une citée perdue ?
L'empire la regarda à nouveau. Son atlantide à elle. Et il lui avoua tout, à demi-mots. Emma en avait été déchu, lui disait-il. Lui envoyant la matérialisation de son engagement en pleine face. Elle aurait pu, égoïstement, en tirer de la joie. Du soulagement. Après tout, il n'était pas rare, jusque là, qu'elle ressente un petit pincement au cœur lorsqu'Evan s'apprêtait à rejoindre Emma. Et jusque là, Lily était parvenue à se convaincre elle-même qu'il ne s'agissait là que d'un simple conflit d'intérêt. Meilleure amie et petite copine n'ont jamais fait bon ménage. Quelle idiote. Se connaissait-elle si mal que ça ? En attendant, oui, elle aurait pu être heureuse. Une partie de son cœur devait l'être, certainement. Mais dans l'ensemble, il n'en était rien. Elle restait bien trop préoccupée par le poids de la culpabilité, se noyant sous les flots d'une idée qui ne quittait pas son esprit : elle avait causé du tort au bonheur d'Evan.
Puis ses yeux. A nouveau. Mon dieu, ses yeux ... Durant quelques secondes, elle en vint même à oublier ses angoisses. Oublier tout, même, pour être honnête. Ou était-elle ? Comment s'était-elle rendue jusque ici ? En voiture, en métro, à pieds ? Elle ne savait plus. Mais d'où il venait ce pouvoir ? Evan, es tu un sorcier ? Aussi farfelue fut cette question, Lily n'aurait pas étonnée d'obtenir une réponse positive. Son charme était si puissant qu'il remettait en question le pragmatisme même d'un monde normal, scientifique. Pourtant, la seule question qu'elle posa fut celle qui s’intéressait de son état. S'il allait bien. La question la plus importante à ses yeux. Pour unique réponse, il se racla la gorge. Lily lui offrit un regard compatissant, prête à porter tous ses problèmes à sa place, à déplacer des montagnes s'il le fallait. S'immoler par le feu pour effacer ses tourments, elle en aurait été bien capable. Un simple regard qui voulait dire tout ça, oui. Puis elle s'excusa. Pour tout. Jamais elle n'avait été aussi sincère dans sa pénitence.
Et quelle douce pénitence ... Ses doigts se glissèrent doucement entre les siens, dans un mouvement qui lui paraissait aussi naturel que celui d'amener une fourchette à sa bouche pour se nourrir. Même réflexe, mais en beaucoup plus intense. Mais elle n'avait encore rien vu. En un geste incroyablement doux, Evan s'appropria sa main, faisant glisser son pouce sur cette dernière. Un frisson exquis la parcourut. Une simple caresse, et tous sens se trouvèrent en alerte. Elle releva son regard vers lui, incapable de quitter ses traits des yeux, comme un besoin systématique. Elle l'observait, tandis que le regard du garçon, chamboulé, observait leurs mains liées. Visiblement, il avait l'air aussi retourné qu'elle. Dans un sens, elle s'en retrouvait rassurée. Elle n'était pas la seule à ressentir l'intensité de leur rapprochement si déroutant. Le chaos, le véritable tsunami qu'il engendrait. Elle aurait tellement aimé se rapprocher de lui. Encore, et encore. Toujours plus. Toujours plus près. Toujours plus tendrement. Elle dut se faire violence pour respecter une certaine distance entre eux. Rapproche toi, jusqu'à ce que je puisse me noyer sous tes caresses, et m'étouffer de toi.
C'est pourquoi elle ne put s'empêcher de passer délicatement sa main dans ses cheveux. Ils étaient doux, comme toujours. La sensation qu'il lui procurait était inégalable. Ses doigts fins jouaient avec les boucles, tandis que son regard retrouva le visage d'Evan. La petite brune remarqua alors que ses yeux étaient clos. Il paraissait si paisible, si serein. Si beau. Continuer de caresser ses cheveux de manière distraite, son regard ne se résigna pas à quitter le visage du jeune acteur qu'elle connaissait par cœur. Mais quelle beauté ... C'était un ange. Si les anges existaient, c'était à quoi ils devaient ressembler. Son regard, comme hypnotisé, glissa furtivement vers ses lèvres, et le temps s'arrêta. Lily sentit le regard d'Evan à nouveau, elle releva alors le sien, à contre-cœur. « tu n'as pas à l'être. » pas si sûr. Mais son sourire lui fit oublier tous ses doutes. Puis la tension revint. Elle réalisa qu'entre eux, rien n'avait été amical. Jamais. L'avait-elle vraiment ignoré durant tout ce temps ? Ces concerts, ces après-midis à plaisanter, à se retrouver ? A regarder des films, des séries, à passer leur temps dans les cafés et dans les cinémas ?
A vrai dire, à ce moment précis, elle ne parvenait même pas à trouver les réponses, puisque même les questions n'avaient aucun sens. Dans son esprit, il n'y avait plus de logique. Pourquoi ? Son regard ... Il était posé sur elle, et il admirait ses lèvres. Donc, elle n'était pas la seule à y repenser. Cette scène qui tournait en boucle dans sa tête depuis deux semaines. Comme un dessin animé d'enfance qu'on se repasse sans arrêt, qu'on redécouvre à chaque fois, et dont on ne parviendra jamais à se dégoûter. Concernant Lily, les baisers d'Evan restaient le plus beau dessin animé qu'elle n'ait jamais gardé. Il était là, il lui suffisait d'un pas pour y goûter à nouveau. Que la tentation était grande. Elle se souvenait de tout. De la douceur de ses lèvres, de ses mains. Ce baiser avait été si différent qu'il lui avait donné l'impression d'embrasser pour la toute première fois.
La langue d'Evan passa alors sur sa lèvre inférieure, tandis que Lily ferma les yeux, contrôlant une envie irrépressible. Il tourna la tête. Lily ne put s'empêcher de pousser un léger soupir. Le genre de soupir que l'on pousse quand la tentation nous dépasse. Soupir épuisé, qui rendait justice au combat qu'elle menait. Soupir qui expulser toute la tension, l'alchimie, qui était en train de naviguer entre eux deux. Elle était si forte qu'elle en était presque palpable. Obsédante. Elle rendait Lily dingue, elle qui avait toujours été relativement simple. En rouvant les yeux, elle réalisa que sa propre main n'avait pas quitté sa nuque, et qu'Evan avait également fermé les siens. A quoi pensait-il, ainsi, dans son monde, dans son empire ? Elle aurait tellement aimé le savoir.
En attendant, le pire fut de se retenir de poser ses lèvres sur les siennes. Rapidement, presque furtivement, comme si de rien n'était. Il était là, exposé comme le fruit défendu, les yeux fermés, vulnérable. La tentation à l'état pure, pensa t-elle. Elle voulait le faire. Etre celle qui se dirigerait vers lui pour l'embrasser, le surprendre, et lui voler ce trésor de plaisir et de sensations qu'il gardait jalousement pour lui. C'était mal, c'était déjà arrivé e tout le monde allait en souffrir. Mais son esprit, son corps, ne pensaient plus qu'à cela. Elle prit son temps, pensant qu'elle parviendrait à repousser cette envie. Mais au fond d'elle, Collins savait parfaitement qu'elle n'aurait pas la force de contenir ce besoin bien longtemps. Ses craintes se confirmaient : elle avait eu peur, il y avait quelques jours de cela, de vouloir l'embrasser à nouveau si elle revenait vers lui. C'était bien ça, désormais. Elle ne pensait qu'à ça. D'ailleurs, durant tout ce labs de temps, elle n'avait fait que regarder ses lèvres. Elle continuait encore lorsqu'Evan rouvrit les yeux pour casser le silence en déclarant : « tu es.... » son regard, qui balayait son corps, ne la laissait pas indifférente. Il la déstabilisait, même, bien qu'elle le veuille pas le montrer. « tu es magnifique. » dis par lui, ce devait certainement être le plus beau des compliments qu'on avait pu lui faire tout le long de sa vie. Si beau qu'elle ne trouvait aucune réponse assez belle. Merci ? Trop banale, presque préchauffé. Ça en devenait même une insulte. Rien de ce qu'elle dirait ne rendrait justice, de toutes manières. C'est pourquoi son regard rencontra à nouveau le sien, tandis que ses lèvres y offrirent un sourire sincèrement touché. Et comme à son habitude, elle répondit ce qui lui passa par la tête : « Tu sais, chaque fois que je pense à toi, je pense à un empire ... ». Une voix douce, un aveu étrange. Son regard se posa une nouvelle fois sur leurs mains, comme si elle voulait s'assurer qu'elles ne s'étaient pas quittées. Comme si elle ne pensait pas pouvoir survivre si celles-ci se dessoudaient. Sans comprendre pourquoi, elle expira doucement, laissant penser qu'à la vue de cette union, elle retrouvait une sérénité perdue. Elle caressa doucement sa main de ses doigts, sans la lâcher. Elle ajouta d'une voix encore plus douce que précédemment, presque chuchotée et rêveuse : « Un empire avec des ailes. Des ailes d'ange, comme si tu venais d'ailleurs ... » elle surenchérit au bout de quelques secondes : « De très loin. » un univers parallèle, peut-être ? Là où tout n'est que beauté, douceur et regards noisettes ? Dieu que c'était cliché. Ça n'avait aucun sens, c'était puéril. Lily le réalisa, et regretta presque d'avoir dévoilé ces songes sans aucun sens. Elle cessa de regarder leurs mains, afin de lever un regard honteux vers Evan, accompagné d'un petit rire gêné, qui s'épanouit en un souffle seulement : « C'est idiot, hein ? » bien sûr que ça l'était, pas dans le fond, elle s'en fichait. En revanche, ce qui était important, c'était tout le reste. Promets moi que tu ne laisseras personne découvrir ton empire. Personne à part moi. Que tu ne laisseras personne détruire tes trésors et tes vestiges. Que tu créeras des vagues si fortes qu'elles emporteront ton empire avec elles, à tout jamais, si quiconque te force à le faire. Promets moi que tu resteras mon Atlantide. A moi seule. Tu me le promets, ein ?
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:17

je n'aime pas la pseudo-beauté qu'on nous expose en pleine gueule tous les jours. pardonnez cette vulgarité, mais ça m'exaspère. je n'aime pas ces filles qui se font refaire les seins pour pouvoir les afficher davantage en interview. je n'aime pas le maquillage, les cheveux parfaits, les belles lentilles qui changent vos yeux de couleur. je n'aime pas les tailles 32, ni cette définition qu'on a donné pour la beauté. j'aime les cernes, quand elles cachent des heures folles passées dans un lit avec la personne que nous aimons. j'aime les cheveux en pétard quand le réveil a été difficile, parce que les rêves ont été bons. j'aime les corps qui ne ressemblent pas à tous les autres. j'aime la différence. mais seulement quand elle reflète le bonheur, l'amour, l'harmonie. j'aime les imperfections qui rendent humain.
pour moi, la beauté ne devrait pas avoir de définition. c'est quelque chose d'effrayant. les gens ont toujours peur de ne pas être assez beaux, ils en oublient alors la vraie valeur de ce mot. c'est un mot unique qui a une définition précise selon chaque personne. comment peut-on définir ce qui est ressenti différemment chez chacun? ça n'a aucun sens. ma définition de la beauté est encore floue, mais elle peut être imagée par la simple présence de lily. son regard hésitant, son nez qui se retrousse quand elle rit, et son rire. tout simplement. le son de son rire. cette mélodie. son sourire aussi. le vrai. celui auquel j'ai droit, parfois. souvent. tout le temps. j'aime sa petite mèche rebelle qui veut toujours rejoindre le reste de son visage. j'aime sa huitième dent sur la gauche, qui est un peu plus avancée que les autres. j'aime quand ses oreilles bougent lorsqu'elle parle. j'aime ses oreilles. non, vraiment. j'aime ses oreilles. elles sont mignonnes. elles correspondent parfaitement avec le reste de son visage. elles s'accordent. et j'aime ses yeux, Ô diable comme j'aime ses yeux. son petit regard malicieux souvent ternis par la culpabilité et la souffrance. comme une ombre qui prend tout sur son passage. une lueur triste qui enveloppe son envie de croquer la vie à pleines dents. parfois, elle arrive à la chasser. d'elle-même. elle arrive à lui dire de partir parce que.. j'sais pas. parce que... parce que c'est elle. c'est lily.

il venait d'ouvrir les yeux, et son regard se posa instinctivement sur les lèvres de lily. et là tout son corps se mit à brûler. il devait cesser de faire ça, cesser de se torturer comme ça. la tentation devenait si forte qu'evan avait du mal à la contrôler, sa langue voulut en faire encore plus, jusqu'à le rendre complètement fou, comme pour accentuer ce désir qu'il avait déjà tellement de mal à maîtriser. alors elle caressa sa lèvre inférieure, doucement. lentement. calmement. tandis que lily le regardait faire. et evan avait toujours le regard fixé sur ses lèvres. il était perturbé. il était beaucoup trop perturbé. jusqu'où pouvait-il encore résister? jusque... non. il ne pouvait plus. il tourna la tête sur le côté. et lily ferma les yeux. et lily poussa un soupir. et evan se demandait pourquoi. pourquoi? il se sentait coupable. dans ce genre de situation, il se sentait toujours coupable. et si lily avait voulu qu'il ne résiste pas? pourquoi avait-il résisté? des tonnes et des tonnes de questions vinrent bomber son cerveau. ce soupir quand il a tourné la tête, il n'était pas près de l'oublier. il ferma ses yeux, à nouveau, pour se concentrer sur quelque chose. quelque chose comme.. la main de lily qui caresse sa nuque, encore. des gestes très lents et contrôlés, que lily a l'habitude de faire. evan, lui, fait plutôt dans le genre "incontrôlé" avec elle. il devient comme un gosse. un enfant qui sait ce qu'il fait, qui en meure d'envie depuis un moment, mais qui ne mesure pas les conséquences de ses actes. mais là, il se contrôle, il essaie de de contrôler, du moins. et son focus, c'est la douce et petite main de cette jeune femme qui a tant d'impact sur lui. et soudain, il fait quelque chose qu'il déteste faire. il la compare. il la compare avec emma. que ressentait-il quand il était avec emma? quand emma lui caressait la nuque?

j'me souviens encore. c'était au début de notre relation. on revenait du tournage, on était crevés, tous les deux. elle avait sa main dans la mienne et je lui avais ouvert la porte de sa maison. elle m'avait souri. mais pas un sourire habituel. elle me regardait droit dans les yeux, comme si elle voulait me faire communiquer quelque chose. « bon ma princesse, je..je vais devoir y aller... et elle souriait toujours, en s'approchant de moi. et ses mains s'étaient posées sur mes fesses. comme ça, sans prévenir. elle s'était collée à moi et me regardait malicieusement. puis, elle avait levé la pointe des pieds, pendant que je restais immobile – j'étais surpris, voire, impressionné – et m'avait chuchoté à l'oreille : « j'voudrais te faire un cadeau. » et là, elle avait retiré sa bague de pureté sous mes yeux, et me l'avait mise dans la main. j'ai regardé ma main, pendant quelques secondes. et j'avais compris. bon, en même temps, c'était pas très compliqué à comprendre. et à ce moment, tout a été très rapide. je crois lui avoir demandé si elle était sûre, mais vu l'endroit de mon corps où elle posait ses mains, elle semblait on-ne-peut plus sûre. son regard brûlait de désir et ses lèvres n'attendaient que les miennes. elle se livrait à moi. j'avais donc mis cette bague dans la poche de mon pantalon, et je souriais. elle glissait ses mains sous mon t-shirt et caressait mon torse. et je ne tenais plus, parce que les caresses c'est ce qui me fait fondre, surtout dans ce genre de moment. alors je l'ai portée pour qu'elle soit à hauteur de moi, et elle m'a embrassé en enroulant ses jambes autour de ma taille. je la tenais par les fesses. j'en mourais d'envie, je devenais fou. à la limite faible. puis je l'ai déposée sur le comptoir de la cuisine, pour pouvoir la toucher. toucher son corps, toucher sa peau. caresser chaque parcelle de sa personne parce qu'elle m'avait donné la clef d'elle-même. elle a gardé cette même position et on s'embrassait toujours. on se déshabillait et je dois avouer que je n'ai toujours pas compris comment on faisait car ce n'était pas une position propice pour retirer les vêtements de l'autre. ni même les siens. enfin soit. je me souviens de mon torse nu contre sa poitrine nue, aussi. et de ces baisers langoureux et passionnés que nous partagions. et à ce moment, elle caressait mes cheveux, avec un mouvement très contrôlé. et elle descendait sa main, lentement, doucement, et elle se retrouvait sur ma nuque, et j'avais frissonné, j'avais même poussé un petit râle de soupir. à cet instant, elle pouvait me contrôler et faire ce qu'elle voulait de moi. j'étais sous son emprise. je me sentais... comme... soumis, en quelques sortes. mais j'aimais savoir qu'emma ne profiterait jamais de dominer la situation, en tout cas pas avec moi.

avec lily c'était un autre sentiment. c'était nouveau, il ne se sentait ni soumis, ni contrôlé, ni quoique ce soit. il se sentait libre et brûlant d'envie. mais pas seulement de sexe. pas seulement d'un corps. il avait envie d'appartenir à lily, en entier. mais d'abord à son cœur, son cerveau. il pensait à elle, en oubliant presque qu'il lui suffisait d'ouvrir les yeux pour la retrouver face à lui. alors c'est ce qu'il fit. il ouvrit les yeux. et il observa son corps. il connaissait ses formes par cœur. c'était sa géométrie préférée. il la complimenta. c'est ce que les gens autour auraient ou dire, mais lui, ne dit que des vérités. ses vérités à lui, du moins. et evan ne s'attendait à aucune réponse, mais il eut droit au sourire de lily. le vrai. celui auquel il pensait juste avant. et lui aussi, se mit à sourire. « Tu sais, chaque fois que je pense à toi, je pense à un empire.. » et il sourit davantage. c'était tellement beau ce qu'elle disait. il comprit le sens de ses mots de la même façon que lily voulait les lui faire comprendre. exactement la même. et celle-ci s'assurait que leurs mains étaient toujours l'une dans l'autre. alors le cœur d'evan se mît à battre encore plus vite, encore plus fort. « Un empire avec des ailes. Des ailes d'ange, comme si tu venais d'ailleurs... » c'était probablement la plus jolie chose qu'on ait pu lui dire. son sourire était en contradiction avec son regard impressionné. et elle ajouta : « de très loin. » puis elle leva la tête et rit nerveusement, le regard un peu ailleurs. « C'est idiot, hein? » il se sentait comme un mystère face à elle et elle en était aussi un en quelques sortes, pour lui. ils étaient comme des cellules. ils se renouvelaient chaque fois, et devenaient nouveaux aux yeux de l'autre. il sourit, un sourire qui traduisait l'expulsion d'une quelconque gêne qui avait pu s'installer entre eux, il était serein. enfin. « et ahm.... tu penses souvent à moi? » son sourire s'agrandit. il posait enfin des questions plus ou moins normales. evan la regardait avec un soupçon de malice. il aimait bien poser des questions comme ça. « et non. c'-c'est pas idiot, j'ai compris pourquoi tu me disais ça. enfin, j'veux dire.. dans quel sens et tout. j'aime bien comprendre les g.. » il se coupa la parole lui-même et rit. un rire qui dura assez longtemps. « je dis n'importe quoi » son autre main s'était posée sur la hanche de la jeune fille et se rapprocha d'elle. il ne s'en était même pas rendu compte. il avait fait ça naturellement. il était déjà quelqu'un de tactile à la base. il a fallu qu'il regarde sa taille pour réaliser. traverser cette frontière entre eux était devenu une chose tellement primordiale qu'il ne réalise pas quand il le fait. et pourtant il savait qu'il ne devait pas, que ça leur causerait des ennuis. après un instant de silence, il se racla la gorge — oui, encore. « ow.. j-je... » il baissa les yeux, un peu honteux. il avait souvent tendance à oublier qu'elle était avec jamie. jamie. sa jalousie envers l'autre blond le rendait souvent enragé. il n'avait pas tendance à s'énerver mais lorsqu'il s'agissait de lui.. non. parfois, il en pleurait. et quand emma lui demandait ce qui n'allait pas, il mentait. evan détestait jamie plus que tout au monde, chaque fois qu'il le voyait – et surtout en compagnie de lily – il avait envie de le frapper. il évitait de parler de sa jalousie devant elle, mais il avait toujours été très jaloux et surtout, surtout, ultra possessif. il n'y a qu'avec emma que ça allait. avec toutes ses exs, c'est ça qui faisait foirer la relation. même quand il n'était pas amoureux. mais alors là.. jamie... c'était le pire. il ne le supportait vraiment pas. rien qu'à y repenser, il contractait tous ses muscles, en essayant de ne pas faire mal à la jolie brune. mais ses dents se serraient et il tremblait presque d'énervement. pourquoi. pourquoi. putain. pourquoi. POURQUOI?! je le déteste. quelle enflure. qu'il crève. enculé. fils de p...puTAIN..
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:18

Comment ça se passait, dans son esprit ? C'était une question qu'elle se posait souvent. C'était différent, elle en était certain. Une autre façon de penser, une autre façon de concevoir. Une autre façon d'aimer. Comme elle le disait très souvent (enfin, bon. Elle se le disait à elle-même, quoi), il était un monde à lui tout seul. Un monde qu'elle découvrait chaque jour que dieu faisait, un monde qu'elle apprenait à aimer, un peu plus chaque jour. Y avait-il une limite à cela ? Elle en doutait fortement. En tout cas, il lui faisait voir les choses autrement. Un simple baiser avait été une véritable catastrophe naturelle : aussi belle que puissante. Sans parler des dégâts qu'elle faisait. Or, pour lui offrir une vision nouvelle, il devait être différent lui-même. Rien n'était plus logique. Et elle aimait cela. Elle aimait vraiment cela.
Qu'est ce que ça ferait, si tu l'embrassais une seconde fois ? Serait ce si grave ? Est ce que ta culpabilité doublerait ? Est ce que ta conscience exploserait ? Emma et Jamie en seraient-ils détruits à jamais ? La question lui venait sans arrêt à l'esprit. Elle prouvait, ainsi, que Lily était moins sûre de ses positions qu'elle n'en avait l'air. Et puis, quelles positions lui restaient-il, au final ? La violation de ses principes, la destruction d'une amitié - qui n'en avait jamais été vraiment une - avec Evan, la souffrance de Jamie et d'Emma, une réputation de briseuse de ménages. Voilà ce qui lui restait, de ses fameuses positions. Alors, au final, qu'y avait-il de si grave à céder à la tentation, à faiblir face à l'incroyable vortex qu'était devenu les lèvres d'Evan ? Plus elle les regardait, plus la gravité lui donnait l'impression d'être aspirée vers elles. C'était à la fois tellement plaisant, et tellement troublant.
Pourtant, elle devait lutter. Au nom du mal qu'elle avait déjà fait à Jamie, au nom du mal qu'il avait déjà fait à Emma. Mais Lily devait avouer qu'elle n'avait jamais rien fait d'aussi difficile. En même temps, elle n'avait jamais eu à lutter contre la gravité cosmique, jusqu'alors ...
D'ailleurs, ses mains cédèrent. Attirés par le tourbillon de désir, elles se faufilèrent entre ses cheveux blonds, Dieu, que la sensation est douce. Toutes les parcelles de son corps l’appelaient, toutes ses cellules criaient, hurlaient son prénom - lily - à plein poumons. Elle observait doucement ses lèvres, à la dérobée. Jamais résister n'avait été aussi difficile. Ça en devenait même douloureux. Dieu délivrez moi du mal. Jamais Lily n'avait été très pratiquante. Sa famille était catholique. Elle avait connu le baptême, et les communions, les messes. Dans sa boite à bijoux, on pouvait retrouver une petite croix en argent. Une autre en or. On retrouvait le chapelet de son enfance. Elle connaissait les chants, quelques passages de la bible, le nom des apôtres. Mais ils en restaient aux simples formalités. Jamais la famille Collins n'avait prit la décision de se rendre à la messe tous les dimanches, jamais ils n'avaient envisager d'attendre le mariage pour connaître les plaisirs de la chair. Jamais ils n'en venaient à s'auto-juger pour quelque fait que ce soit. Ils n'étaient jamais tombés dans un extrémisme religieux qui les poussait à brider leurs envies, leur nature, ou leurs intentions.
Pourtant, désormais, Lily venait à le regretter. Jamais elle n'avait été réellement portée sur la religion, loin de là. Mais à cet instant, elle se disait que les chrétiens extrémistes avaient sans doute reçu une éducation qui leur permettait, désormais, de reconnaître le vice, le mal. La tentation. et d'être assez forts pour ne pas s'y soustraire, voire la contrôler. La dominer. Peut-être auraient-ils su quoi faire s'il se tenait face au fruit défendu par excellence, face à Satan ? Un ange déchu, diabolisé, antagoniste de Dieu, maître de la tentation. Sauf que voilà, Lily n'avait jamais été bonne pour contrôler les choses ou les gens. Et Dieu ne devait pas spécialement la porter dans son cœur. Ce qui faisait qu'elle était enchaînée à ses tourments, et qu'elle devait se battre avec ses démons toute seule. Or, quand elle se livrait à la contemplation des lèvres d'Evan, elle savait que c'était loin d'être gagnée. Et puis, sa peau ... Sa peau était douce, si douce. La main de Lily en venait même à glisser sur celle-ci, plus vite qu'elle ne l'aurait souhaité. Non, au contraire, elle voulait y rester, indéfiniment. S'y accrocher, se l'accaparer de manière totale et complète. Sa peau, toujours. A l'en faire devenir folle.
Alors, oui, ses mots la firent sourire. Parce qu'ils touchaient son âme. Durant quelques secondes, elle pensa au mal qu'il pouvait lui faire, si l'envie lui prenait, un jour. Elle était totalement à sa merci. Jamais elle ne pourrait se montrer insensible face à lui. Si jamais il décidait de la détester, elle serait sûrement brisée jusqu'au dernier morceau de verre, au dernier morceau d'âme. C'était le prix à payer lorsqu'on pouvait connaître le bonheur que lui procurait la vie de son simple sourire. Car oui, il venait de lui sourire en retour, et ça, ça n'avait pas de prix. Tant pis pour le "plus tard", tant pis pour les probabilités. Au diable, tout ce qui pouvait lui arriver. Quel que soit le futur, ça en valait le coup. Oui, ce sourire-là, ce regard-là, valaient tout le reste. Elle se sentait étrangement bien. « et ahm.... tu penses souvent à moi? » la malice dans sa voix la frappa en plein coeur, et le sourire d'Evan gagna en intensité. En une seule phrase, il avait réussi à calmer le malaise, à apaiser les tensions. Jusqu'alors, Lily était accaparée par la tension qu'elle ressentait vis à vis d'Evan. Ce besoin de le toucher, la gravité de la situation actuelle, et la culpabilité qu'elle pouvait ressentir. En un mot, elle était possédée par l'intensité de ses émotions. Et puis, Evan et sa simplicité firent leur retour. Adoucissant les plaies de son coeur en une seule phrase. Elle en avait oublié à quel point leur relation était douce, simple. Lily afficha un sourire amusé. L'air fut soudain plus léger. L'esprit plus libre. L'atmosphère plus saine. « j'aimerais te répondre. Mais si je le faisais, je serais obligée de te tuer après. » c'est qu'elle faisait presque de l'humour, maintenant. Il faut dire que c'était une bonne tactique pour éviter la question, aussi. La réponse était pourtant simple : tout le temps. Tout le temps, elle pensait à lui. Et quand il était là, elle y pensait x 1 000. Au point de ne penser à rien d'autre. C'était sûrement pour cette raison qu'elle l'avait embrassé avec autant d'ardeur, la dernière fois. Elle avait peut-être même oublié jusqu'au fait qu'elle n'était pas célibataire, et que ce n'était pas le genre de comportement qu'elle pouvait se permettre, même avec lui. Quoi qu'il en soit, cette question la rendait si sensible, si timide, qu'elle en avait presque rougit lorsqu'il lui avait posé. Elle pria pour que sa peau soit restée blanche à 300%. Décidément, elle en demandait beaucoup à Dieu, aujourd'hui. Peut-être devait-elle devenir bonne sœur, après tout ? Ça réglerait sa dette envers lui, et en plus, ça réglerait ses problèmes de cœur particulièrement chaotiques ces derniers temps. Enfin, on s'égare.
Sereine malgré tout, la douce lily afficha un fin sourire en réponse au regard malicieux qu'il lui lançait. « et non. c'-c'est pas idiot, j'ai compris pourquoi tu me disais ça. enfin, j'veux dire.. dans quel sens et tout. j'aime bien comprendre les g.. » la belle collins fronça légèrement les sourcils en penchant sa tête vers la gauche, affichant un air amusé tandis qu'il s'embrouillait dans ses propos. L'Evan qu'elle connaissait. L'Evan qu'elle aimait, au final. Il se coupa la parole tout seul. « je dis n'importe quoi. » et il ria. Bon dieu, ce rire. Si il avait été une substance, elle se serait certainement noyée dedans. Pour le plaisir. Elle ria à son tour, toujours aussi amusée par les égarements discursifs d'Evan. Dans un sourire, elle lança avec douceur, non sans espièglerie : « comme d'habitude, evan. » sa phrase résonnait plus dans le cadre d'une affection -aussi tendre qu'évidente-, que d'une véritable "moquerie". Mais l'heure n'était plus à la plaisanterie quand la main d'Evan se déposa sur sa hanche. Un frisson incontrôlable la parcourut. Il se trouvait là, si près, si proche. Ils étaient on ne peut plus intimes. Main dans la main, lui sa main sur sa hanche, elle sur le bas de sa nuque, près de son épaule. Elle n'avait même pas réalisé qu'elle l'avait laissé là. En attendant, cette proximité et ce toucher lui donnaient presque le tournis. Comme lorsqu'elle avait le vertige. Elle entrouvrit très légèrement la bouche, respirant un peu par celle-ci pour ne pas oublier de reprendre son souffle, de temps à autre. « ow.. j-je... » il baissa alors les yeux, l'air soudainement gêné. Elle n'avait même pas besoin de demander, elle savait. Elle savait de quoi il s'agissait. Elle se retrouvait tout aussi penaude que lui, ne sachant que dire face aux gestes qu'ils avaient, l'un l'autre, à l'attitude naturelle qu'ils entretenaient, alors que Campbell était là, quelque part sur cette planète, et qu'il attendait la fin de journée pour retrouver les lèvres de la jeune femme, dont il était propriétaire, plus ou moins. Lily s'apprêta à laisser glisser sa main, afin que celle-ci quitte la nuque du jeune acteur, comme si ce geste lui était interdit, et qu'il serait bon de s'éloigner un peu. Mais quelque chose l'en empêcha. En effet, elle sentit une toute autre tension se dégager d'Evan. Il se contenait, visiblement, mais elle le connaissait mieux que quiconque. Proche de lui, Lily sentit ses muscles se contracter, sa bouche se serrer, son esprit se refermer comme une huître farouche. Elle baissa les yeux, la main d'Evan s'était resserrée un peu plus fort autour de la sienne. Elle remarqua alors que les jointures de ses doigts étaient blanchies par la pression. Quant à sa main sur sa hanche, elle bouillonnait presque au point d'en trembler. Lily, inquiète, posa à nouveau son regard dans le sien. Totalement accaparée par l'état d'Evan, elle chercha les mots. Contrairement à ce qu'elle voulait faire quelques secondes plus tôt, sa main ne quitta pas sa nuque. Elle se contenta de faire glisser sa main sur son épaule puis le long de son torse, arrêtant son chemin sur ce dernier. Comme pour le calmer, pour l'adoucir. Sous ses doigts, elle sentit ses muscles contractés au possible. Elle demanda : « Evan, qu'est ce qu'il y a ? »
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:18

« j'aimerais te répondre. mais si je le faisais, je serai obligée de te tuer après. » et il ne répondit rien. ça répondait à la question sans y répondre. et il aimait cette réponse parce qu'elle était mystère et clarté à la fois. elle était exactement ce à quoi il s'attendait. sans s'y attendre. c'était un sentiment tellement paradoxal qu'il ressentait après ça. après tout, en fait. il se sentait de nature paradoxale, il l'avait toujours été. et son amour pour elle était exactement comme ça, paradoxal. il l'aimait tellement que ça ne pouvait pas être réel. et pourtant ça l'était mais ça lui paraissait encore tellement flou et impossible. souvent, il se posait la question. tout le temps, d'ailleurs. il y pensait, il cogitait là-dessus. il n'avait que cette question en tête. “ est-ce possible que je puisse l'aimer autant ou bien tout ça n'est-il qu'illusion? ” mais ça ne l'était pas, et ça. ça. ça c'était magique. ça faisait partie d'eux. de leur relation en général. ils étaient toujours plongés, noyés dans un mélange entre la vérité et cette croyance. cette croyance intense que... que non, non, c'est impossible. lui, n'en revenait jamais d'arriver à cette conclusion. “oui. oui, je l'aime autant. oui.” oui. c'était un oui pur et dur. le "oui" qu'on dit avant le baiser de l'union à l'église était tellement moins puissant que ce "oui". ce "oui" qu'est la réponse à cette question. cette question si profonde, si intense et si brutale. cette question qui tourmente, qui perturbe, qui fruste, qui ennuie, qui fait réfléchir. cette question qui agace, qui fait halluciner. cette question si difficile. cette question si... facile. tout ça pouvait paraître incohérent dans un monde qui n'était pas le sien. son monde à lui, ses mystères, ses boules de g... mais. boules de gommes. sérieusement?! boules de gommes. c'est tellement ringard et affreux comme assemblage de mots. c'est moche. moche comme tout. mystères et illusions, ok. mystères et boules de gommes, ça, non. ça ne convenait pas. son cerveau bloquait. comme d'habitude. evan était quelqu'un qui réfléchissait, beaucoup. beaucoup, et beaucoup trop. son psychiatre ne cessait de lui dire qu'il passait son temps à allumer le feu qui brûlerait son cerveau. toutes ces questions, tous ces doutes. sans arrêt. sans jamais que ça cesse. et son amour pour elle était cette pluie qui calmait le feu de sa tête. elle était le pompier de l'incendie, en quelques sortes. elle était celle qui l'avait sauvé sans le savoir. d'ailleurs, il ne savait même pas si il le savait. je ne sais même pas si je le sais comme c'est étrange de penser comme ça, de penser autant. là, tout était calme, parce qu'elle était là. mais sa jalousie avait pris le dessus. il essayait de se calmer. doucement. alors il parlait. mais il disait n'importe quoi parce que les faux-contacts de son cerveau l'empêchaient de formuler une phrase correcte. alors il rigolait, de lui-même. mais ça ne le faisait pas tant rire. pas du tout en fait. c'était juste de l'auto-dérision. c'était juste physique. mentalement, son rire était éteint depuis longtemps. sa bonne humeur avait cessé d'exister. lily l'aidait. lily faisait ressurgir cette bonne humer enfouie dans un tiroir caché. un tiroir caché. dans le noir. au fond d'une maison. d'une maison. abandonnée. d'une maison abandonnée. dans les bois. en Pennsylvanie. et il pensait encore. et encore. et il ne comprenait même pas ce qu'il racontait. enfin... "racontait". il ne le racontait pas. à personne. même pas à lui-même. il cogitait, c'est tout. comme d'habitude. « comme d'habitude, evan. » son rire. mon dieu. son rire – il ne croyait même pas en dieu. alors, ses mouvements prirent le dessus. comme si son système nerveux avait pris le dessus sur sa réflexion, et le faisait enfin agir. sa main était sur sa hanche, l'autre, toujours en tenant la sienne. mais jamie fit une brève apparition dans sa mémoire. alors il culpabilisa. il s'énerva. mais le baromètre de sa colère était à un niveau tellement élevé qu'elle l'avait remarqué. et elle essaya de le calmer comme elle savait très bien le faire. sa main descendit le long de son torse, pour finalement s'y arrêter. « Evan, qu'est-ce qu'il y a? » il savait qu'elle savait. elle voulait juste l'entendre dire. du moins, c'est ce qu'il pensait. mais il ne répondit pas. il était calmé. déjà. oui, déjà. parce qu'il suffisait de ça pour qu'il se calme. parce qu'elle savait comment faire. elle l'avait toujours su sans qu'il n'ait à lui expliquer. et il l'aimait probablement pour ça. du moins, c'était dans le top 10 des raisons de cet amour. amour. quel petit mot pour une si grande signification. il relâcha ses muscles contractés. assez fort pour qu'il puisse avoir une crampe après ce brutal changement entre la contraction intense et le relâchement immédiat. mais il ne dit toujours rien. il retira sa main de la sienne pour venir chercher l'autre qui se trouvait sur son torse, et la remonta à niveau de son cœur. il battait vite, son cœur. la chamade, comme on dit. une bonne centaine de pulsations par minute. « ça m'fait toujours ça quand j'suis avec toi. » c'était niais. mais il s'en fichait. il sourit en coin. il en avait marre. de se retenir. de culpabiliser. de résister. à quoi? à elle. de lui résister, c'est de ça dont il avait marre. il se sentait incapable de se contrôler, donc faible. « alors c'est ça. c'est donc ça. c'est encore plus puissant que ce qu'on raconte dans les films, en fait » il parlait de l'amour. ou en tout cas de ce qu'il ressentait pour elle. « j'suis bizarre. tu me trouves bizarre? non. tu m'l'aurais dit. donc c'est pas "bizarre" que j'suis. mais j'suis quoi, j'suis qui? "evan peters" c'est tout? je sais que j'suis plus que ça.. » elle comprendrait. du moins elle ferait tout pour comprendre. pour déchiffrer ses messages. « lily. j'aimerais te dire que je t'aime. mais en fait... je trouve ça tellement bateau et cliché. j'trouve va habituel et banal. j'aimerais que ce soit autre chose, un autre mot, une autre expression. et j'aimerais avoir le courage de te le dire un jour. si j'arrive à passer au dessus de cette barrière qui m'bloque, tu vois? le genre de barrière qui t'empêche de dire ce que tu ressens et comment tu te sens vraiment. mais avant ça, faut arriver à l'comprendre. et.. là, par exemple, j'suis en train d'te faire une écoute de mes pensées. j'deviens ce genre de "livre audio", tu vois l'genre? tout ça, j'le pense. chaque chose que je te dis, c'est jamais réfléchi, c'est toujours ce à quoi j'pense sur le moment. pour ça que parfois c'est "brouillon". et tu sais, j'devrais me sentir coupable de tenir ta main sur mon cœur, et d'avoir l'autre mienne sur ta hanche. mais en un sens, ça m'dérange pas du tout, j'avais pas envie d'le faire, c'était.. un besoin. et j'suis désolé pour ça. mais j'suis coupable. chaque seconde qui passe j'le suis un peu plus. mais y'a une contre force à cette culpabilité. et elle domine. cette contre force c'est cette irrésistible envie que j'ai de recommencer ce que j'ai fait il y a deux semaines. » il se tut. il en avait trop dit. il la regarda. mais il n'avait pas cet air "vide" "fade" "pale" il se sentait libéré d'avoir dit la vérité. rien que la vérité, toute la vérité. il se sentait bien. et c'était une douleur atroce que de se sentir bien après avoir dit ça. mais son cœur battait toujours aussi vite. alors il comprit qu'il avait bien fait. il devait se libérer.
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:20

flashback.

bam bam. Avec fracas, la porte de la salle de bain vola si fort qu'elle se referma presque instinctivement. Lily venait de quitter la salle d'eau, les joues rosées par l'agacement et la pression, tandis que Jamie Campbell, sur ses talons, la suivait au pas de course, ouvrant à nouveau la porte qui, projetée contre le mur, fit un bruit de tous les diables. Bam bam, à nouveau. Il hurlait presque : « Mais c'est pas possible, Lily ! Tu te rends pas compte ! » poussant un profond soupir d'agacement, Collins en avait assez. Assez d'entendre les mêmes accusations, les mêmes propos. Des reproches qui lui paraissaient sans intérêt, puisqu'infondés. Toujours les mêmes qui plus est. Elle voulut ignorer, parce qu'elle ne souhaitait tout simplement pas en venir à la dispute, mais c'était plus fort qu'elle : il fallait qu'elle le pousse dans ses retranchements. Pour savoir le fonds de sa pensée. C'est pourquoi elle fit volte face. Sans ménagement. Faisant virevolter, au passage, ses longs cheveux bruns et ondulés. « Me rendre compte de quoi ?! » ce à quoi Jamie répondit avec impulsivité : « Que c'est malsain ! Votre relation là, ça n'a rien d'amical ! » yeux dans les yeux. Et ce petit rictus qui lui formait une petite fossette, au creux de sa joue gauche. Elle n'était visible qu'en cas de grosse colère. Cette fossette, Lily la connaissait, sûrement aussi bien que Jamie lui-même. Elle connaissait son coeur, son corps, ses mimiques. Ses colères aussi, même si ce n'était pas des plus plaisants.
Et finalement, elle n'aurait pas dû demander. Pourquoi ? Parce que la réponse ne lui plaisait pas, tout simplement. A cet instant précis, sans qu'elle sache pourquoi ni comment, une citation de the mortal instrument lui vint spontanément à l'esprit, tel un boulet de canon. Jace est sincère. Toujours. Trop franc, même, peut-être. C'est pourquoi, en sa présence, je ne formule que très rarement mes questions. Car Jace est incapable de mentir. Donc, si tu veux lui poser une question, assure toi avant toute chose d'être capable d'encaisser la réponse, quelle qu'elle soit. Ce n'était pas la première fois qu'elle remarquait l'incroyable ressemblance entre son petit ami et le personnage qu'il interprétait. Jamie était tout aussi franc et direct lorsqu'on lui posait une question. Sauf qu'en l'espèce, Lily ne lui avait absolument rien demandé. C'était lui qui avait jugé bon d'intervenir, donner son opinion complètement controversée quant à l'amitié qu'elle entretenait avec Evan. Là était la différence, et elle lui fit bien comprendre : « Tu ne sais pas de quoi tu parles, Jamie ! » elle en était persuadée. Elle en aurait donné sa main à couper. A croire que la vérité la plus défendue reste celle dont on doute le plus. « Evan, c'est mon meilleur ami. Je croyais que tu l'acceptais ... » cru t-elle bon d'ajouter. Mais Jamie aimait avoir le dernier mot : « Je l'acceptais, oui, jusqu'à ce que je comprenne ses intentions. » cette phrase fut la pire. Touchée au point sensible, Lily rétorqua, ne cherchant pas véritablement à répondre à l'accusation : « Tu m'énerve, Jamie, tu m'énerves vraiment ! Tu vois le mal partout ! » elle en venait presque à lui faire des reproches. Elle. La plus tolérante, la plus douce, la plus agréable. Elle ne se reconnaissait plus. Douce Lily, qu'es tu devenue ? Au sein du couple, il n'était pas sain, de toute évidence, de ressortir le dossier Evan sur le bureau. Tout aussi rapide, Jamie répondit au tac au tac : « Et toi, tu ne le vois nul part ! » fuyant la confrontation qui ne menait, de toutes manières, à rien, Lily longea le couloir. Toutefois, ne put s'empêcher d'ajouter : « Je t'ai déjà dis ce qu'il en était ! Tu n'as pas à t'en faire ... » mais elle savait qu'il ne la croyait pas. Quand bien même leurs disputes trouvaient toujours une fin, Lily savait reconnaître le manque de confiance dans ses yeux. Désagréable, voilà le mot exact. C'était désagréable. Il était difficile, douloureux, inconcevable, de voir cette lueur d'incertitude briller dans les yeux bleus de Jamie, en sachant qu'elle en était la cause. En général, c'était à ce moment là qu'elle s'adoucissait. Après tout, cette inquiétude ne pouvait être le fruit que d'un amour véritable. Il l'aimait, et il défendait ses droits. Elle ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. Elle tentait, parfois, de se mettre à sa place. Mais elle n'y parvenait pas. La relation qu'elle entretenait avec Evan était bien trop unique pour qu'elle puisse parvenir à la projeter sur deux autres personnes. Dans tous les cas, Lily savait se calmer lorsqu'elle réalisait à quel point Jamie souffrait de la situation. Ce soir là ne fut pas une exception, puisque sa voix baissa d'un ton : « Tu te trompes ! » tout simplement. Tu te trompes. Evan et moi, on ne ressent rien, l'un pour l'autre. Il ne s'est rien passé entre nous, et il ne se passera jamais rien. Elle ne souhaitait pas prononcer la phrase entière. Elle n'aimait tout simplement pas mettre des mots sur les doutes de Jamie, comme si ces mots auraient le don de rendre ces doutes véritables. Alors qu'ils l'étaient déjà. C'est psychologique, parait-il. Comme quoi, Lily est une fille fragile. Et puis, de toutes manières, il savait très bien de quoi elle parlait. Et lui, la regardait. De ses grands yeux clairs, de ses grands yeux d'ange. Comme s'il sondait son âme. Y parvenait-il réellement ? Il se contenta de soupirer, comme vaincu, en chuchotant avec douceur : « J'espère, Lily. J'espère vraiment ... »


présent.
Il avait espéré, oui. Fallait croire que ça n'avait pas suffit. Et la conscience de Lily hurla au nom de cet espoir qui avait été détruit. Détruit par sa fâcheuse infidélité. Et en repensant à tout ce temps perdu à se disputer, son sang ne fit qu'un tour. Alors, Jamie avait raison. Il avait raison depuis le début. Pauvre de lui.
Bam bam. Il ne s’agissait pas du claquement de la porte d'une salle de bain, emportée par la colère d'un homme brisé et impuissant, cette fois-ci. Il s'agissait de son esprit. Cet esprit totalement accaparé par la sensation que lui procurait ses propres caresses. Ses mains se baladaient sur la nuque d'Evan, et ce sentiment n'avait rien de comparable. C'était comme une délicieuse gifle, comme un véritable grand-huit. Comme les quelques secondes qui précédaient votre mort. Des milliers de petites tension électriques qui passaient furtivement entre ses doigts. C'était comme toucher une boule d'énergie. C'était bon. Tellement bon que l'adrénaline se faufila entre ses veines. La dose fut si importante qu'elle claqua contre les parois de son esprit. Bam bam.
Puis, les choses ne tardèrent pas à s'empirer. Une main sur sa hanche. Une caresse sur sa main. Un rapprochement. Bon dieu, son cœur s'affolait. Adrénaline. Encore. Lily sentait le corps d'Evan tout proche du sien. Toute cette énergie, toute cette envie, c'était impossible à canaliser. Impossible pour elle, qui était si faible. Sa main se referma davantage sur sa hanche. Bam, bam, bam, bam ... BAM BAM BAM ! Son coeur fragile s'affola, l'adréaline augmenta sans vergogne, lui faisant perdre le contrôle de son esprit, qui se gondola sous l'effet puissant de cette substance. Elle ferma les yeux, tentant de calmer ce feu intérieur par ses propres moyens. Agréable, parce qu'il était puissant. Mais douloureux, parce qu'il l'obligeait à contrôler ses pulsions, notamment celle de sauter sur Evan sans réfléchir. Cette impulsivité presque sauvage ne lui ressemblait vraiment pas. Mais pour le moment, ce n'était pas réellement son état qui l'inquiétait le plus.
Car oui, pour le moment, tout ce qui lui venait à l'esprit, c'était le contrôle. Non pas le contrôle de son propre corps, mais celui d'Evan, qu'elle sentit se contracter, parcelle par parcelle. La colère semblait prendre possession de chacun de ses membres. Il tentait de tout garder pour lui, comme toujours. Mais elle ne le connaissait que trop bien. C'était ça, l'amour, après tout. Cette manière d'appréhender l'autre. De savoir ce qu'il ressent. Et de rassembler les clefs qui permettent d'ouvrir le coffre. Trouver le remède. La manière de calmer les tourments. Ou du moins, essayer. Et ce que fit Lily : elle essaya. A l'aide de douceur. D'un regard. De deux caresses. Rien de bien original, en soi. Mais tout était calculé. Elle savait qu'à la moindre erreur, il pouvait redoubler de colère. Evan était compliqué. Et c'est ce qui faisait toute sa beauté.
Bam bam. Le bruit des paupières qui s'ouvrent à nouveau. Car oui, les paupières font du bruit. Comment ça, non ? Bien sûr que si. Vous n'êtes pas assez sensibles pour les entendre, voilà tout. Lily, elle, les entendait. Parce qu'elle connaissait le corps d'Evan par coeur. Elle était attentive à la moindre activité de ses cellules. Comme si elle était une scientifique en plus observation. Evan était son sujet d'étude, une vraie merveille de la nature. Elle aimait le voir fleurir, le voir s'épanouir. Elle aimait voir ses feuilles pousser, prendre le soleil. Observer les particules de ses paupières se décliner face à elle, c'était ce qu'il y avait de mieux. Surtout quand ils annonçaient le calme, comme ici.
Car oui, Evan se calmait. D'un coup, d'un seul. Ses muscles se détendirent si rapidement qu'elle faillit en sursauter. La pression s'était envolée. Qu'est ce qu'il y avait changé, en quelques secondes seulement ? Lily en resta perplexe, et son regard en fut tout aussi perdu. Ce qui avait changé ? C'était l'heure. Jusqu'alors, c'était l'heure des mensonges. A présent, c'était l'heure des révélations. Et cette évidence ne lui effleura l'esprit que lorsque sa main quitta la sienne, pour finalement attraper l'autre et la positionner sur son cœur. Lily releva doucement son regard vers celui-ci de son meilleur ami. Celui-ci semblait décidé. Elle comprit alors. Elle était terrifiée. Que dis-je ? Terrorisée. Oui, terrorisée. Que devait-elle dire ? Le monde allait-il s'écrouler si ils disaient tout haut ce qu'ils pensaient tout bas ? Tant de questions, elle n'eut pas vraiment le temps d'y apporter des réponses.
Bam bam. Son cœur. Voilà ce qui changeait, pour commencer. Jamais elle n'avait eu l'occasion d'écouter son cœur. Ses battements étaient rapides, se donnant une course presque effrénée. Dieu, que c'était bon, de sentir ça. Cette sensation. C'était la première fois qu'elle ressentait directement ce qu'Evan ressentait. La première fois qu'elle avait accès à ses sentiments de cette manière là. Sa main resta collée contre son torse, avide des battements qui faisaient trembler ses doigts. Bam, bam. Bam, bam. Lily retint son souffle : « ça m'fait toujours ça quand j'suis avec toi. » vraiment ? Non, mais ... Vraiment vraiment ? C'était elle qui causé tout ce trouble ? Le sourire d'Evan ne mentait pas. Elle voulut lui répondre, mais resta silencieuse malgré tout, consciente qu'il n'en avait pas fini. Cela ne faisait que commencer. Finalement, elle se sentait prête. Elle en avait assez, de faire semblant. Elle se raccrocha donc au sourire ravageur d'Evan, qui se révélait incroyablement rassurant : « alors c'est ça. c'est donc ça. c'est encore plus puissant que ce qu'on raconte dans les films, en fait » bon dieu, c'était ça. C'était tellement ça. Les plus beaux films d'amour lui paraissaient fades, désormais, y compris Titanic. MÊME TITANIC ! Jack Dawson, tu ne vaux pas un clou. Reste dans l'eau. Elle tentait de se concentrer sur ces pensées sans queue ni tête, tout simplement pour éviter de penser au fait qu'Evan était en train de parler d'amour. D'amour. D'elle, de lui. Il parlait d'eux. Eux deux. Et en même temps, il parlait d'amour. D'amour ... « j'suis bizarre. tu me trouves bizarre? non. tu m'l'aurais dit. donc c'est pas "bizarre" que j'suis. mais j'suis quoi, j'suis qui? "evan peters" c'est tout? je sais que j'suis plus que ça.. » Tu es plus que ça. Tellement, tellement, tellement, tellement plus que ça. Si seulement tu savais. Lily était calme, concentrée. Elle buvait les paroles d'Evan, elle les comprenait. Du moins, elle avait peur de les comprendre. Sinon, oui, elle était parfaitement calme. Enfin, à l'intérieur, pas si calme que ça. Son sang bouillonnait. Et puis ... Bam, bam. Bam, bam. Cette fois, c'était son coeur qui battait la chamade. D'ailleurs, en parlant de cœur, sa main était toujours posée sur celui d'Evan. Mais elle ne parvenait plus à reconnaître ses battements, à dissocier les siens. Visiblement, ils battaient à l’unisson. Ils étaient dans le même état déplorable. Mais elle sentait que le nirvana allait venir. Il était juste là. C'est pourquoi elle restait silencieuse. De toutes manières, face à ses mots, elle restait incapable de dire quoi que ce soit. Un légume pur et dur. Voilà ce qu'était devenu Lily Collins. Un artichaut, de préférence. Ses yeux se raccrochèrent - innocemment une dernière fois - au regard noisette : « lily. j'aimerais te dire que je t'aime. mais en fait... je trouve ça tellement bateau et cliché. j'trouve va habituel et banal. j'aimerais que ce soit autre chose, un autre mot, une autre expression. et j'aimerais avoir le courage de te le dire un jour. si j'arrive à passer au dessus de cette barrière qui m'bloque, tu vois? le genre de barrière qui t'empêche de dire ce que tu ressens et comment tu te sens vraiment. mais avant ça, faut arriver à l'comprendre. et.. là, par exemple, j'suis en train d'te faire une écoute de mes pensées. j'deviens ce genre de "livre audio", tu vois l'genre? tout ça, j'le pense. chaque chose que je te dis, c'est jamais réfléchi, c'est toujours ce à quoi j'pense sur le moment. pour ça que parfois c'est "brouillon". et tu sais, j'devrais me sentir coupable de tenir ta main sur mon cœur, et d'avoir l'autre mienne sur ta hanche. mais en un sens, ça m'dérange pas du tout, j'avais pas envie d'le faire, c'était.. un besoin. et j'suis désolé pour ça. mais j'suis coupable. chaque seconde qui passe j'le suis un peu plus. mais y'a une contre force à cette culpabilité. et elle domine. cette contre force c'est cette irrésistible envie que j'ai de recommencer ce que j'ai fait il y a deux semaines. » bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam, bam. Alors là, bordel, elle ne savait pas d'où venait ce bruit. Elle s'en fichait d'ailleurs. Venait-il de son coeur qui était victime de trois ratés à la seconde ? Venait-il des larmes qui menacer de couler de sa paire de petits yeux noisettes rendu humide par l'émotion ? Venait-il du cœur d'Evan, lié à sa main, toujours déposée sur le torse de celui-ci ? Venait-il d'un bruit extérieur, d'une moto - au pot d’échappement en mauvais état - qui roulait dans le coin ? Venait-il d'une branche morte qui dégringolait de l'arbre à côté duquel ils se trouvaient ? Venait-il d'un oiseau qui faisait sa toilette, secouant ses fines ailes, près d'eux ? Elle était dans l'incapacité de savoir, de répondre. Tout se bousculait, plus rien n'avait de sens. Après ça, elle savait qu'elle était fichue. Complètement fichue. Elle se savait damnée, c'était foutu.
Suite à ces mots, elle aurait pu tomber droit par terre. Sur les fesses, à même le sol. Rester debout, droite comme un "i". Ce fut un véritable miracle dont elle s'étonna elle-même. Puis des mots lui revinrent en tête. "Je t'aime". "j'aimerais avoir le courage de te le dire un jour". "une écoute de mes pensées". "culpabilité, envie, besoin". "re-culpabilité". Bordel, mais que c'était bon. C'était cruel de ressentir autant de bonheur, quand on sait à quel point ces mots menaient à une véritable tragédie. Re-dis ces mots, Evan. Répète. Je n'ai pas bien entendu. Remets le disque. Fais le moi écouter à l'infini.
" Cette contre force c'est cette irrésistible envie que j'ai de recommencer ce que j'ai fait il y a deux semaines ". Vide sidéral. Venait-il vraiment de faire ça ? Venait-il vraiment de lui parler directement de ce moment là, pour la première fois depuis que cela c'était produit ? Pire encore, avait-il parlé lui-même d' "irrésistible envie" ? La vue de Lily se brouilla. Son petit coeur battait aussi vite que des ailes de colibri. Avait-il vraiment prononcé le mot interdit ? Donc, ce n'était pas une invention de l'esprit dépravé de Lily. La tentation était bien là. Dans son esprit à elle, dans son esprit à lui. Dans le cœur d'Evan aussi, visiblement. Il battait vite, si vite. La douce main de Lily était toujours posée à la perpendiculaire, sur sa poitrine. Elle s'étonnait encore de la voir ici. Elle se sentait tellement détachée de la réalité qu'elle n'avait même plus conscience de son corps, de l'emplacement de ce dernier.
Puis finalement, l'adrénaline fit son retour. Bam, bam. Emportant avec elle le désir, les envies enfouies. Suite à cela, elle ne tenait plus. Elle savait qu'il était trop tard, la fièvre l'avait déjà emportée, elle, cette carcasse anglaise. Ses yeux examinèrent les traits d'Evan. Ils balayèrent en deux secondes son regard. Puis, finalement, ses pupilles se posèrent sur ses lèvres. Grave erreur. Très grave erreur. Ça en était fini pour elle. Sa main, restée sur son torse, se crispa légèrement, tenant entre ses mains le tissu de son tee-shirt. Elle l'attira alors doucement vers elle, de sorte que la tête d'Evan se rapproche de la sienne, et lorsque son visage fut à un seul centimètre seulement, ses lèvres s'accaparèrent les siennes. Avidement. Ce fut une véritable explosion. Des millions, des milliards, de Bam, bam. De tous les côtés, de tous les pays, de tous les univers parallèles. De toute la galaxie. Ses lèvres avaient le même goût obsédant. Il lui montait à la tête, comme une drogue dure. Dans un mouvement aussi doux qu'intense, ses lèvres embrassèrent les siennes, tandis que sa main libre vint retrouver sa nuque. Une sensation de chaleur se faufila dans son ventre, au point d'en brûler tout ce qui s'y trouvait : ses entrailles, ses muscles, son sang. Lily embrassait Evan. Oui, elle venait de l'embrasser. Et elle l'embrassait encore. De tout son coeur, de tout son corps, de toute son âme. Ses lèvres continuaient de chercher les siens, les yeux clos. Sa main droite n'avait pas lâché le tissu de son tee-shirt, et sa main gauche tenait sa nuque, faufilant finalement ses doigts entre ses cheveux qu'elle aimait tant. Ce baiser, c'était puissant, c'était incroyable. Elle comprenait pourquoi elle ne faisait qu'y penser depuis deux semaines. Elle aurait même juré que cette fois-ci, c'était meilleur. Puis, tout doucement, ses lèvres se détachèrent. Au bout de combien de temps, elle n'en savait trop rien. Elle se sentait essoufflée. Comme si elle venait de voyager, de traverser des centaines de pays à la fois. A la nage, en courant, en volant même, peut-être. Elle ouvrit les yeux, se perdant dans le regard d'Evan. Elle ne s'était guère éloignée, se trouvant tout près de lui, assez pour sentir son souffle. Finalement, elle ne pensait qu'à une chose : retrouver ses lèvres à nouveau. Ca en devenait vital. Elle demanda alors : « Evan ... Embrasse moi ... Embrasse moi encore une fois. » Bam, bam.
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:20

perdre son amour, c'est perdre l'humanité. le trouver, c'est se sentir vivant. il l'avait trouvé, l'amour. et il était décidé à ne pas le perdre. plus que tout, il se battrait pour elle. il ferait n'importe quoi. des choses qu'elle ne pourrait même pas imaginer. avec elle, il se sentait humain, vivant, avec elle, il respirait, il était libre, il était heureux, et c'était tout ce qui comptait. au diable les regrets, au diable l'« après », au diable les lendemains, au diable les coups qu'il pourrait recevoir. au diable cette fixette sur l'infidélité. il n'y a aucune limite, aucune frontière, quand il s'agit de l'amour. au diable le mal, au diable la culpabilité. tout irait pour Satan. et même lui, si il le fallait. il s'en fichait éperdument, désormais. il comprenait. il avait tout compris. à présent, il était l'homme le plus heureux de la terre. il s'était livré, il s'était confié. il se sentait honnête. il se sentait bien. ce partage de sentiments lui avait fait du bien. ça l'avait remis d'aplomb. il sentait que leur connexion devenait de plus en plus forte. les yeux de lily brillaient. non, ne pleure pas, je t'en prie, ne pleure pas. il voulait coller son corps au sien. il voulait coller son coeur au sien. il voulait s'allier, s'unir avec elle. il voulait que la tension se calme entre eux et qu'ils en finissent avec tous ces problèmes liés à ce brouillard. ce blizzard accablant. ce flou. il avait besoin de la toucher, de sentir sa beau et de ressentir son coeur. le besoin dépassait l'envie, et de loin. il l'avait dit sans le dire, il ne s'en était même pas rendu compte. « Je t'aime. » c'était dit, c'était envoyé. droit dans les yeux, droit dans le coeur, dans le cerveau. droit dans l'esprit. droit dans l'âme. le regard de lily se posa sur le sien. et evan avait l'impression de trembler de tout son être. et ce n'était qu'à moitié une impression, parce que d'un coup, le silence l'acheva. et il tremblait. il avait peur d'avoir les mains moites. mais elle ne disait rien. d'où le concept du silence. et il tremblait. et sa respiration devenait irrégulière. et il tremblait. et il ne savait plus où regarder. et il tremblait. les yeux de lily descendirent leur trajectoire pour atterrir sur les lèvres d'evan. et il tremblait. toujours. il tremblait davantage. mais il n'arrivait pas à savoir si ce tremblement était intérieur où si elle pouvait le remarquer. il sentit son t-shirt se rapprocher de sa peau lorsqu'elle en serra un bout entre ses mains. et dans tout son corps, c'était l'apocalypse. l'irruption volcanique. il se sentait faiblir de tous ses membres (sauf peut-être un) et leurs lèvres se rejoignirent. le coeur d'evan n'avait battu qu'une seule fois aussi vite. aussi fort. et c'était lors de leur premier baiser. là, c'était le même sentiment. plus de doutes. le goût des lèvres de lily était obsédant. c'était doux et sensuel à la fois. ses paupières étaient closes et personne n'aurait pu gâcher ce moment. c'était comme un feu d'artifice dans son ventre. dans l'entièreté de son corps, à vrai dire. ce baiser était puissant. sa main gauche remonta le long du dos de la jeune fille, et vint se poser sur sa joue, doucement, lentement. ils étaient l'un contre l'autre et il ne voulait interrompre cet instant pour rien au monde. sa poitrine était si proche du torse du jeune homme qu'il pouvait ressentir leurs deux cages thoraciques trembler en même temps. ils étaient sur la même longueur d'onde. il caressait sa joue d'une douceur incomparable. il y avait là tendresse et délicatesse. leurs langues dansaient sur un rythme beaucoup plus doux que les pulsations de son organe vital. il brûlait de partout. son cerveau lui faisait voir les plus belles choses du monde. dans sa tête, il y avait le sourire de lily. il entendait son rire. il sentait son parfum. il touchait sa peau. il l'embrassait. et ça, c'était pour de vrai. il n'en revenait pas d'à quel point c'était bon, il avait presque oublié la perfection de ses baisers. l'harmonie de leurs deux corps ensemble confirmait tout. plus de doutes. tout devint clair, d'un coup. d'un baiser. le temps passait mais il aurait pu passer une éternité à l'embrasser. quand elle interrompit ce baiser, il devint le plus court de toute sa vie. il ouvrit ses yeux, pensant qu'elle s'excuserait pour ça, comme elle aurait pu le faire. ses pupilles étaient tellement dilatées qu'il se croyait défoncé. il avait l'impression d'avoir fumé une bonne dizaines de grammes de weed. il voulait recommencer. tout de suite. sans attendre. il ne tenait plus en place. il ne dit rien. aucune culpabilité ne l'avait envahi, cette fois. c'était incroyable. c'était tellement bon. c'était.. exceptionnel, encore meilleur. il respirait tout doucement. il avait l'impression de n'entendre que leurs respirations. ou plutôt, leur respiration. ils étaient comme un accord, ils étaient unis, ils étaient alliés, ils étaient eux. ils ne formaient qu'un, à cet instant précis. elle était sa moitié, une partie de lui. « Evan ... Embrasse moi ... Embrasse moi encore une fois. » il ne répondit rien. son oeil ne lui faisait même plus mal. il la regardait. il prit quelques secondes avant de répondre. des secondes inutiles. et il s'était bien rendu compte qu'elles l'étaient, inutiles. alors il hocha la tête. mais de façon tellement discrète qu'il avait l'impression d'être resté figé. mais elle en redemandait. et ses pulsions à lui, en redemandaient, aussi. il descendit ses deux mains à sa taille et se recula pour poser le dos de lily contre le tronc d'arbre juste à côté de lui. il la regarda un instant, déplaçant une mèche de cheveux qui cachait presque son visage. il avait perdu toute conscience du temps, de la lumière, de la rapidité de ses gestes. il ne savait même plus s'ils étaient doux ou impulsifs. parce que leur relation mélangeait ces deux adjectifs. il devait arrêter de réfléchir. sans plus attendre, il reprit goût à ce délice. il reposa ses lèvres contre les siennes, et l'embrassait tout doucement. il n'avait plus conscience de ses mouvements. peut-être que sa main était toujours à sa taille? et peut-être que l'autre aussi? ou bien dans ses cheveux. ou sur son visage? tout ça n'avait aucune importance. rien n'était calculé, rien n'était à contrôler. ils s'embrassaient. et il n'y avait que ça qui comptait. c'était tellement incroyable de se rendre compte de ça. c'était mieux que tout. elle était la divinité incarnée à ses yeux. ses yeux clos, encore. il l'aimait tellement. il l'aimait comme un fou. il devenait encore plus fou qu'il ne l'était, de par sa simple présence. alors ses baisers.. ses baisers.. il devenait incontrôlable. il était dirigé par ses pulsions, par ses émotions, ses sentiments. c'était tellement horrible et magnifique à la fois. ce baiser était passionné. langoureux. impulsif. tendre. doux. sensuel. c'était un baiser amoureux. c'était ça. ça ne pouvait être que ça. mieux que dans n'importe quel livre, film, série, chanson. mieux que partout, mieux qu'ailleurs. c'était fort. ses lèvres descendirent doucement, et il dégageait ses cheveux vers l'arrière, et l'embrassait toujours, mais cette fois, elles s'étaient posées sur son cou, et il y déposait des petits bisous dessus. c'était tellement agréable de sentir sa peau de si près, de pouvoir l'embrasser comme ça. au diable tout, au diable les jugements. au diable jamie, bon dieu, oui, au diable jamie. il pouvait crever, celui-là. mais l'appel de ses lèvres se fit à nouveau entendre, et il remontait doucement, parsemant le creux de son cou, de millier de baisers. et à nouveau, il pouvait caresser sa bouche avec la sienne. il aurait pu mourir tout de suite que ça ne l'aurait pas dérangé. c'aurait été le deuxième plus beau jour de sa vie. il se rendit compte de toutes les petites choses qu'il aimait chez elle. il voulait lui appartenir, et qu'elle lui appartienne. elle était celle qui le rendait plus possessif qu'il n'était déjà. il voulait qu'elle soit sienne. mais son rêve prit fin lorsqu'il entendit son nom, crié, quelques mètres plus loin. il aurait bien ignoré cet appel s'il n'avait pas été émis à plusieurs reprises. c'était le réveil le plus affreux et éprouvant qu'il ait pu entendre. il décolla doucement ses lèvres des siennes quand il entendit crier, pour la onzième fois au moins, son prénom. c'était taissa. sa partenaire, celle qu'il avait aussi du embrasser, mais avec elle, c'était juste pour la télé. taissa était très proche d'emma. mais il s'en foutait. il n'avait rien d'autre qui l'importait plus que lily, à cet instant précis. elle s'avançait vers eux, et il tournait la tête, par obligation. si ç'avait été un homme et qu'il n'était pas evan, il l'aurait frappé. comment osait-on le sortir de sa bulle dans un moment pareil? ni une ni deux, taissa, en colère, lui donna une violente gifle sur la joue. si forte qu'il eut immédiatement celle-ci rougie, avec une toute petite goutte de ce qui semblait être du sang. il -- n'en savait rien, il ne pouvait pas la voir. taissa bouillonnait de rage. elle le fixa droit dans les yeux et ne lui laissa même pas le temps de l'ouvrir. « tu n'es qu'un putain de gros salopard ! espèce d'ordure, crève. putain comment t'oses faire ça, merde? tu sais comment elle est? et toi tu roules des pelles à la première pouf' qui passe, mais t'es vraiment qu'un enculé. elle est anéantie, dans votre appartement, j'essaie de la calmer depuis deux heures, et de la rassurer. comment tu peux faire ça à même pas un mois de votre mariage, putain? j'te souhaite de crever lentement et en souffrant, sale enfoiré. » il serra les dents et lui lança un regard noir. il n'avait rien entendu, rien écouté, à part le "la première pouf' qui passe" ses muscles se contractaient si fort. il expirait fort, par le nez, comme un taureau près à charger, il avait mal tellement il se contractait. il l'aurait juré, si ç'avait été un homme, il l'aurait frappée. insulter lily, ça ne passait pas. la jeunette avec son chapeau trois fois trop grand pour elle se retourna vers lily, en pointant un doigt sur son sternum.« Quant à toi, espèce de pétasse briseuse de couple, espèce de grosse salope, tu ne te sens pas déjà sale comme ça? sale catin. » elle prit les bras de la brune, et la claqua fort contre l'arbre...
evan n'attendit pas une seconde. « DEGAGE. » il la poussa, d'une main sur son épaule, assez fort pour qu'elle manque de tomber. il devenait rouge de colère. et là, il aurait voulu que ce soit un homme, pour pouvoir la tabasser. mais il ne ferait jamais ça à une femme, jamais. il s'approcha de sa collègue et la regarda droit dans les yeux. à cet instant, il ressemblait à tate langdon. enragé. il aurait pu la rendre aveugle s'il savait envoyer des éclairs par les yeux. elle serait même morte sur place. « tu ne la touches pas, c'est clair? REPONDS. C'EST CLAIR? TU DEGAGES D'ICI TOUT DE SUITE ET TU NE TOUCHES PLUS A UN SEUL DE SES CHEVEUX OK? TIRE-TOI. » sa joue le brûlait. elle savait comment faire mal. elle savait comment faire souffrir, et là, c'était une question de souffrance mentale. elle avait visiblement bien compris comment le torturer.
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:21

« Je t'aime ». C'est vraiment ce qu'il lui avait dit, à l'instant, à ce moment même. Je t'aime. Était ce vraiment ça ? Avait-elle bien compris, bien entendu ? Bien sûr que c'était ça. Ça ne pouvait être que ça. Certes, il lui avait révélé de manière contournée, sans réellement le prononcer. Il ne lui avait pas dit clairement, de but en blanc, comme aimaient le faire la plupart des gens qui ne comprenaient même pas le sens de ce mot, ce qu'il signifiait vraiment. Evan le savait, lui. Et c'était pour cette raison qu'il aimait choisir les mots qui correspondaient le mieux à ses sentiments. Elle le connaissait mieux que quiconque, peut-être même mieux que lui-même, malgré qu'elle n'ait pas assez de prétention pour l'affirmer à haute voix. Il n'était que douceur, poésie et originalité. Alors, bien sûr qu'il n'aurait pas pu lui dire un simple je t'aime, mais il lui avait dit, à sa manière.
Son meilleur ami venait de lui dire je t'aime. Ami, vraiment ? L'avait-il vraiment été, ne serait ce qu'une fois ? Durant une seule après-midi, une seule soirée, avaient-ils réellement été liés par une relation entièrement platonique, seulement quelques instants ? Une seule et unique fois ? Peut-être lors de ce concert, où ils s'étaient rencontrés ? Ce concert là où ils s'étaient mis à discuter sans raison apparente, ce concert où ils s'étaient éclatés comme des fous, alors qu'ils se connaissaient à peine ? Ce soir là, Jamie s'était rendu à Atlanta, pour une audition. Ainsi, il n'avait pu accompagner sa petite amie. Si seulement il avait su. Mais au final, est ce que cela aurait changé quelque chose, ein ? Leur destin aurait-il été réellement compromis ? Evan et elle auraient-ils pu vivre dans une dimension dans laquelle ils ne se serraient jamais rencontrés ?
Lily ne pouvait s'y résoudre. Trop de choses à penser, trop de questions à analyser. Elle était pourtant du genre assez simple, la petite Lily. Elle avait toujours su ce qu'elle voulait. Comment, pourquoi, par quels moyens. Efficace. Parfois précieuse et délicate, mais forte d'esprit, et toujours relativement mature pour son âge. Dans tous les cas, jamais elle n'avait été confrontée à une situation qui la déstabilisait autant. Jamais. Elle se retrouvait là, totalement dépassée par des événements qu'elle pensait contrôler. Une substance parcourait son corps. Un mélange de yeux bleus et de yeux noisette. Un peu de névrose, un peu de simplicité. Un peu de folie, un peu d'humour. Un peu de tout à la fois, enfaite. Le yin et le yang, deux opposés en une seule substance. Ce liquide courait dans ses veines, liquéfier son sang, effectuaient des allés-retour dans son cerveau, avant d'aller s’abattre sur les parois de son cœur fragile. Son organe détenait, jusqu'alors, une certitude qui fut brisée en milles morceaux. Ce regard noisette avait tout remis en question. Absolument tout. Le regard de son meilleur ami, bordel.
C'est mon meilleur ami. Pourquoi l'aurais-je désigner comme étant mon ami, si ce n'était pas le cas ? Si cela ne l'avait pas été, pourquoi aurais-je pris le risque de me rapprocher de lui alors que j'avais déjà Jamie dans ma vie ? Il me comblait, pourtant. Il était ce que j'avais de plus cher. Aurais-je été assez cruelle pour savoir ce qui se passait, savoir qu'il allait en souffrir, mais continuer quand même ? Qui serait capable de faire une chose pareille ? Moi ? Vraiment ? Mais alors, pourquoi ce ... mais le reste de la tirade n'existait pas. Elle ne chercha même pas à continuer. Inutile de faire semblant quand il n'y avait personne à convaincre. Ici, c'était elle-même. Son esprit. Avait-elle vraiment besoin de se mentir à elle-même ? Pas nécessairement. Elle connaissait déjà la réponse. Cette dernière lui revenait en pleine face, comme une vérité enfouie qui faisait surface à ce moment précis. Une claque psychologique. Parce qu'elle avait envie de pleurer. Pleurer quand elle l'entendait dire qu'il l'aimait. Parce qu'elle le regardait, là, avec des yeux de biche. Et non pas avec le regard qu'on réserve à ses amis. Un regard langoureux, un regard admiratif, un regard émerveillé. Était ce réellement une façon d'agir en présence de son meilleur ami, ça ? Tout le poussait à lui. L'émotion qu'elle lisait dans ses yeux. La douceur de sa peau, qu'elle pouvait imaginer d'ici. La beauté de ses cheveux. Et puis, aussi et surtout, ses lèvres. Celles auxquelles elle avait déjà goûté, sans aucune préméditation. Embrasser son meilleur ami, c'est pas commun. C'est pas normal. Enfaite, c'est pire que ça. C'est même carrément malsain.
Evidemment que ça ne l'était pas. Normal. Mais ce qui l'était encore moins, c'est d'avoir envie de recommencer. Oui, Lily avait envie d'y regoûter, milles et une fois même si elle avait pu. Totalement accaparée par le discours qu'il venait de tenir, elle n'eut d'autres choix que de céder à la tentation qui la rongeait. Sans réfléchir - car oui, en sa présence, Lily n'était qu'impulsivité, malgré un calme apparent déconcertant - elle attrapa son tee-shirt, l'attira à elle, et posa ses lèvres sur les siennes. Comme il s'agissait d'un geste parmi tant d'autres. Or, c'était loin d'être le cas. Car une fois ce geste effectué, Lily se consuma de l'intérieur. Son cerveau ? Oublié. Son sang ? Glacé. Son cœur ? Perdu à jamais. Ses lèvres brûlaient, tandis qu'elles cherchaient avidement celles d'Evan. Ces dernières étaient chaudes, réconfortantes. C'est avec un plaisir non dissimulé qu'elle les retrouva. Comme si sa bouche n'avait attendu qu'une chose pendant deux semaines : retrouver la sienne. A nouveau. Et ça, ça, c'était le comportement qu'on adoptait avec son meilleur ami, ça ?
Tandis que leur baiser prenait, petit à petit, plus d'ampleur, Lily oublia tout. Son nom, son âge, le mandat du président des états unis. En réalité, les lèvres d'Evan avaient un pouvoir amnésique. Ce qui pouvait expliquer beaucoup de choses, d'ailleurs. Si cela lui donnait le droit de passer l'éternité à le couvrir de baisers, Lily acceptait sans l'ombre d'un doute d'oublier toute sa vie. Le prix n'était pas cher payé. Alors, elle sentit un frôlement dans son dos. La main d'Evan remontait ce dernier, avant de déterminer sa course sur sa joue. Puis, sa caresse. Elle était électrique, exquise. Hormis la puissance de leur baiser, elle ne sentait que sa main sur sa joue. Tous ses sens étaient en alerte. La douceur de son geste lui rappelait à quel point il était tendre, toujours, tout le temps. Elle avait besoin de ça, elle avait besoin de lui. Voulant le sentir près d'elle, Lily se rapprocha encore, totalement guidée par son instinct et ce sentiment de plénitude. Ce baiser, ce baiser ... Auquel elle mit fin. Son regard rencontra alors le sien. Les fenêtres de l'âme, disait-on.
En réalité, elle se fichait des citations, des dictons, et de tout élément qui pouvait exister sur cette fichue planète. Tout ce qu'elle voyait dans les yeux d'Evan, c'était cette connexion, et son propre besoin de retrouver ses lèvres. Tout de suite. Lily s'entendit alors lui demander de l'embrasser, à nouveau. Embrasse-moi comme si il n'existait que nous. Comme si on ne faisait de mal à personne. Embrasse-moi comme si j'étais tienne, comme si j'étais la seule fille sur terre. Evan, embrasse moi comme tu n'as jamais embrassé personne. Pas même celle qui t'était promise. En réalité, pour le moment, elle se fichait vraiment, complètement, éperdument, d'Emma. Tout ce qui importait, c'était le regard d'Evan. Il la fixait, l'observait, sans rien dire. Lily n'hésita pas à soutenir son regard, sans ciller. Trop tard pour être timide. Elle était bien trop transportée pour cela, de toutes manières. Puis, au bout de quelques secondes qui avaient un goût d'éternité, il hocha furtivement la tête. C'était tout ce qu'il lui fallait. Son coeur s'emballa d'avance. A vrai dire, ce dernier n'était pas certain de survivre une nouvelle fois au choc que générait les baisers tendres d'Evan. Mais qu'est ce qu'elle s'en fichait. C'est alors qu'elle sentit ses mains se déposer sur ses hanches. Ce simple geste avait déjà le don de la mettre dans tous ses états, intérieurement. Ses entrailles en tremblaient. Se décomposaient. Il recula alors doucement, et avant même qu'elle ne réalise, Lily se retrouva dos au tronc d'arbre. Durant tout ce petit trajet, elle n'avait jamais quitté les yeux d'Evan. Comme si sa vie en dépendait. Il dégagea tendrement une mèche de ses cheveux. La bouche de Lily s'entrouvrit légèrement, accaparée par l'agréable brûlure qu'engendrait cette caresse pourtant si simple. Elle aurait tellement aimé la faire glisser à nouveau, cette petite mèche inutile, pour qu'il puisse l'en dégager, encore et encore, faisant glisser ses doigts sur sa tempe. Elle ne connaissait rien de plus agréable. De plus total. Elle aurait pu rester très longtemps, comme ça, dans cette position, à l'admirer. Si le besoin de l'embrasser n'avait pas été aussi fort, bien entendu. C'est pourquoi, lorsqu'il s'approcha doucement, elle resta figée, ne faisant absolument rien pour l'en empêcher. Lorsqu'elle sentit son souffle à quelques mini-mètres de ses lèvres, la jeune anglaise sentit un frisson lui parcourir l'échine. C'était bon, meilleur que tout. Puis ses lèvres retrouvèrent les siennes à nouveau. Cette fois, elle ne comptait plus se laisser surprendre. Ce n'était plus impulsif, non calculé. C'était réfléchi. Elle lui avait demandé. C'était à la fois un instinct purement animal, et un besoin fortement désiré et réfléchi. Une requête des plus sincères. Paradoxale, certes, mais après tout, tout était paradoxale chez eux. Même l'amour. Surtout l'amour.
On parle d'amour ? Après tout, ça ne peut être que ça. A cet instant, tandis que les lèvres de Lily trouvaient doucement celles d'Evan, la jeune anglaise en venait à cette conclusion. C'était bien trop fort, bien trop absolu, pour que ce soit autre chose. Et ça lui faisait peur. Alors, elle se noyait dans ses baisers. Éperdument, totalement. Irrévocablement. Sans gène. Pourquoi devait-elle se sentir gênée ? L'amour, c'est beau, c'est pur. Et dieu que c'était bon. Tellement bon qu'elle en oublia tout le reste. La réalité, la culpabilité, et Jamie. Surtout Jamie ...
Evan dégagea alors ses cheveux avec une grande douceur, faisant alors face à son cou et son épaule dénudés, et Lily en eut un frisson délicieux. Le moindre de ses gestes lui faisait de l'effet, puissance mille. Elle sentit ses lèvres descendre, tout doucement. Puis il déposa de minuscules baisers, lentement, au creux de son cou. Mon dieu. Elle garda les yeux fermés, appréciant cette explosion de saveurs comme il se doit. Elle crut défaillir, vraiment. Elle fut reconnaissante envers l'arbre, qui se trouvait juste derrière elle, et qui lui permettait de ne pas flancher. Sa tête retrouva doucement l'épaule d'Evan juste devant elle, qui lui servit d'appui, lui permettant de profiter de chaque fibre de ses baisers. Ses jambes ne la tenaient presque plus, tandis que les baisers d'Evan se multipliaient, au creux de son cou. Elle en tremblait presque. Son corps entier brûlait, de son orteil à la racine de ses cheveux. Elle ressentait un désir si intense, si profond ... Sa peau, sous les baisers d'Evan, était à vif. Sans exagérer, c'était merveilleux, elle poussa, ainsi, un léger soupir. Il remontait, doucement, le creux de son cou. Était ce possible de le désirer autant ? Embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi. Comme un vœu exaucé, il rejoignit, une nouvelle fois, ses fines lèvres. A croire qu'à chaque baiser, c'était de mieux en mieux. Pouvait-on réellement faire mieux ? Elle en doutait, mais visiblement, avec Evan, c'était le cas.
Lily oublia ses questions et ses songes, peu encline à la réflexion. Elle se laissa tout simplement aller. Obsédée par l'idée qu'elle voulait sentir sa peau, à tout prix, elle fit glisser - d'une douceur infinie - ses mains sous le tee-shirt d'Evan, montant légèrement jusqu'en bas de ses reins, caressant sa peau du bout de ses ongles. Sa peau, ses lèvres. Ses lèvres, sa peau. Elle en devenait obsessionnelle, mais elle s'en fichait, parce qu'elle l'embrassait, encore et toujours. Leurs lèvres adoptaient une frénésie aussi douce que passionnée, elle en devenait accro. Tout simplement. Sa tête tournait, l'émotion sans doute. Si Evan ne la tenait pas par les hanches, elle en aurait certainement perdu l'équilibre. Dans sa tête, il n'y avait que lui. Evan, Evan, Evan, Evan, Evan. Jusqu'à ce que la jeune anglaise se rende compte que sa propre voix se mêler à une autre. Entendait-elle des voix, maintenant ? Elle s'en fichait royalement. Ses lèvres continuaient de caresser celles d'Evan, ignorant totalement les éclats de voix qui lui paraissaient si lointaines. Pourtant, Lily sentit que quelque chose n'allait pas. Cette incertitude dégageait d'Evan. De sa peau, de ses baisers. Elle était littéralement liée à lui, à l'instant T. Elle pouvait tout ressentir, y compris son léger agacement. Ses lèvres se détachèrent alors des siennes. Lily en profita pour retrouver petit à petit son souffle. Sa respiration était lente, mais excessivement profonde. Lorsqu'Evan tourna la tête, elle suivit son regard. Elle demeurait un peu perdue, le regard ailleurs. Elle avait visité une planète, avant d’atterrir à l'instant. Voilà ce qu'elle ressentait. Et vu ce qui allait se dérouler, valait mieux pas qu'elle redescende. Mais il était trop tard.
Une gifle. Une incroyable gifle. Lily en sursauta. Ça y est, retour à la réalité. De manière assez brutale. Cette fois-ci, elle fut réveillée pour de bon. Le visage surpris d'Evan, parsemée d'une goutte de sang, fut le pire des réveils au monde. « tu n'es qu'un putain de gros salopard ! espèce d'ordure, crève. putain comment t'oses faire ça, merde? tu sais comment elle est? et toi tu roules des pelles à la première pouf' qui passe, mais t'es vraiment qu'un enculé. elle est anéantie, dans votre appartement, j'essaie de la calmer depuis deux heures, et de la rassurer. comment tu peux faire ça à même pas un mois de votre mariage, putain? j'te souhaite de crever lentement et en souffrant, sale enfoiré. » choquée par la violence des propos, Lily en était restée bouche bée tout le long du discours. A la fin de celui-ci, elle voulu s'approcher d'Evan pour s'inquiéter de son état, mais la demoiselle fut plus rapide et la désigna de manière provocatrice : « Quant à toi, oups. Ca sent pas bon pour moi ..., espèce de pétasse briseuse de couple, espèce de grosse salope, tu ne te sens pas déjà sale comme ça? sale catin. » Outch. Ses paroles ? Une véritable claque psychologique. Vraiment. A vrai dire, elle n'eut pas le temps de réagir, vu que Taissa l'attrapa par les bras en un geste aussi rapide qu'imprévu. Lily n'eut pas le temps de comprendre. Une très forte douloureuse lui claqua les muscles du dos et de son épaule gauche. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle avait glissé au sol. Elle grimaça légèrement en atterrissant, les cheveux lui tombant dans les yeux. Totalement sonnée, voilà ce qu'elle était. Tandis que son épaule la lança, elle eut tout de même l'occasion de lever la tête, dégageant ses cheveux de son visage en un geste de main. « DEGAGE. » la voix d'Evan claqua dans l'air. Violente, acerbe. Jamais il ne lui avait parlé comme ça, à elle. Elle observait la scène de là où elle était, étonnée de voir autant de haine sur le visage d'Evan, qui avait changé du tout au tout. Tate en personne. « tu ne la touches pas, c'est clair? REPONDS. C'EST CLAIR? TU DEGAGES D'ICI TOUT DE SUITE ET TU NE TOUCHES PLUS A UN SEUL DE SES CHEVEUX OK? TIRE-TOI. » franchement ? Elle ne savait pas quoi faire. Vraiment pas. Elle sentait une tension incroyable émaner d'Evan. Il en tremblait presque, elle le voyait. Ainsi, elle ignora la douleur à son épaule, et se leva doucement pour rejoindre Evan. Il était de profil, et elle pouvait lire la haine dans ses yeux. Taissa secoua la tête d'un air dégoutté, sans quitter Evan du regard : « Mais regarde ce qu'elle a fait de toi ... » Lily regardait la jeune femme. Un regard plein de reproches. Comment pouvait-elle sortir de nul part, et faire culpabiliser Evan à ce point ? Souhaitant à tout prix apporter une once de paix à Evan, ne serait ce que pour quelques secondes, elle s'approcha doucement de lui, et posa sa main sur son bras. Calme toi. Ne fais rien que tu pourrais regretter. Elle lâcha son bras, puis Taissa lui cracha presque immédiatement : « Et toi, la traînée, tu continues, en plus ?! » Lily était la plus douce des filles qui puissent exister. Jamais elle ne souhaitait en venir à la bagarre. Elle se contenta de regarder la jeune actrice, et demanda calmement : « les insultes, ça va deux minutes. Je te conseille de partir, simplement. » A vrai dire, elle n'en menait pas large. Si la colère ne la gagnait pas réellement, c'est parce qu'elle pensait mériter ce qui était en train de lui arriver. Tout simplement. La culpabilité lui revenait. Jamie, Emma. Le baiser, deux semaines auparavant. Le second baiser, quelques secondes plus tôt. Ses lèvres sur son cou, son propre soupir, ses propres mains sur son dos nu. Elle n'avait pas le droit de faire tout ça. C'était le revers de la médaille, en quelques sortes. Par contre, elle était particulièrement choquée par l'intervention de Taissa. D'où venait-elle ? Pourquoi une telle violence ? Et surtout, surtout, de quoi se mêlait-elle ?
Totalement sonnée par le coup qu'elle venait de se prendre, Lily tenta, tout de même, de faire bonne figure, et resta droite sur ses jambes. Sa tête résonnait comme un bocal vide. Avec de l'écho. La jeune fille aux cheveux clairs toisa Lily comme si elle était la pire des créatures au monde. Elle s'approcha alors, se présentant face à elle. Lily ne la quittait pas du regard. Elle avait embrassé Evan, Soit. Elle assumait maintenant. Même si cela signifiait affronter sa partenaire à l'écran. « Et ça fait sa maline, en plus ! Qu'est ce que tu cherches à faire, toi, ein ? Tu ne crois pas avoir déjà assez foutu la merde comme ça, non ? Il faut que t'en rajoutes ? Tu te rends pas compte que t'es en train de tout foutre en l'air ? Tu sais dans quel état elle est, Emma, à cause de toi ? Ca t'amuse, de briser les couples, de briser les fiançailles, c'est ça ? Tu es pathétique, ma pauvre fille ! Le mieux, c'est que tu partes, allez, dégage ! DEGAGE, je t'ai dis ! » elle en hurlait presque, et se rapprochait toujours plus. Lily fut partagée entre une incroyable culpabilité et le besoin de défendre la situation. Légèrement mal à l'aise, elle avait beaucoup de mal à trouver un compromis entre les deux. Surtout face à l'urgence de la situation. Une chose est sûre : Taissa ne comptait pas partir pour le moment. Si elle en revenait aux coups, Lily n'hésiterait pas à s'interposer. Surtout s'il s'agissait d'Evan. Ses muscles se tendaient. Son épaule la lança terriblement. Son dos, sa nuque, tout son corps avait été brusqué. Elle avait du mal à rester debout. Si elle s'était écoutée, elle serait restée par terre, près de cet arbre, sonnée. Mais il y avait Evan. Toujours Evan.
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:21

toute la violence qui se dégageait de cette scène rendait evan particulièrement contrarié. il avait pour habitude d'être quelqu'un de calme et posé. mais ses excès de colère pouvaient être redoutables. lui-même en avait parfois peur. il ne voulait pas s'énerver devant lily par peur de la terroriser. ça pouvait paraître stupide, mais c'en devenait traumatisant pour lui. cette peur constante qu'elle ne l'aime plus. cette peur qu'elle en vienne à le haïr. mais surtout. surtout. surtout cette peur qu'elle ait peur de lui. il ne le supporterait pas, il ne pourrait jamais le supporter. il devait toujours tout faire pour contrôler son énervement. et l'exutoire de sa colère, c'était elle. il n'avait pas spécialement besoin de se défouler lorsqu'il était avec elle. c'était une sorte de magie qui l'entourait. à ses côtés, il se sentait beaucoup plus serein. elle lui prenait tellement d'énergie avec tout l'amour qu'il lui accordait, qu'il n'en avait plus assez pour s'énerver. lily était vraiment la solution à tout. c'est pas pour rien qu'elle était son mot de passe sur exactement tous les sites qu'il visitait. sauf les sites pour adultes. parce qu'il trouvait ça malsain. le trente et un juillet, à savoir deux semaines avant cette journée, il l'avait embrassée pour la toute première fois. et aujourd'hui, ils s'étaient embrassés à nouveau. deux fois, même. dans le but de se calmer, evan s'imaginait qu'à chaque fois qu'ils se verraient, ils s'embrasseraient une fois de plus que la fois d'avant. il avait déjà hâte d'être le jour où ils s'échangeraient un millier de baisers. quitte à avoir des crampes à la langue, quitte à vider trois beurres de cacao, quitte à ne plus avoir de souffle, il s'en foutait. il pouvait même mourir en l'embrassant, parce que rien d'autre n'avait d'importance. c'était son paradis, son utopie, c'était lily.

mais alors que taissa s'énerva sur elle, il ne put se contenir très longtemps. il lui cria de partir, de s'en aller. mais elle n'était pas du genre à obéir aux ordres. et elle sentait visiblement décidée à rester un petit peu. evan savait que taissa était très proche de son ex, mais pas au point de venir l'observer au parc, il trouvait ça vraiment tordu. il était remonté contre elle presque autant qu'elle l'était contre lui. mais son regard se figea sur lily, il essayait de rester un minimum calme, malgré sa petite crise d'il y a cinq secondes. il se racla la gorge. elle n'avait vraiment pas l'air à l'aise et c'était compréhensible. il aurait voulu lui prendre la main ou la tenir, son équilibre avait dû en prendre un coup après sa chute.
si taissa n'était pas une fille... putain.
si elle n'était pas une fille, il ne se serait pas gêné pour la frapper. mais deux choses le retenait quand même.
premièrement, ils étaient en public et le producteur d'ahs avait fait jurer à tous les acteurs de ne jamais faire de scandales, sous peine d'être viré. et evan tenait à son boulot, il l'adorait plus que n'importe quel travail.
et deuxièmement, il refusait catégoriquement de frapper quelqu'un devant lily, sauf en cas de vraie nécessité. il ne voulait surtout pas lui montrer cette facette de lui dont il avait tant honte.
la honte.. c'était donc de ça qu'il était submergé. il était noyé dedans n'arrivait plus à en sortir. il avait perdu toute confiance en lui et se sentait inutile en toute circonstance.

sauf maintenant.

lily lui avait rétorqué, et evan était impressionné de la maturité de la brune. chaque seconde qui passait, elle était encore plus femme que la seconde d'avant. encore plus belle, encore plus douce, encore plus sage, encore plus drôle, encore meilleure. c'était son truc, à elle, être meilleure. meilleure qu'hier, meilleur que la semaine passée, meilleure que le mois passé, meilleure qu'avant. elle grandissait en permanence.

lui, se tenait à côté d'elle, un petit sourire en croissance sur ses lèvres. la repartie de sa bien-aimée lui faisait voir la situation sous un angle un peu plus drôle. ils étaient là, devant elle, comme deux gamins qui ont fait une bêtise, ils étaient là, comme des enfants, à regarder par terre, naïvement, dans l'espoir que leur mère ne se fâche pas trop. ils étaient là, comme deux petits bébés, l'un rigola, et l'autre arqua un sourcil, pour montrer son sang-froid. ils étaient drôles à voir, tous les trois. une les grondait, l'autre s'en fichait, et le troisième se marrait intérieurement, ne laissant percevoir que ce petit sourire espiègle.
« Et ça fait sa maline, en plus ! Qu'est ce que tu cherches à faire, toi, ein ? Tu ne crois pas avoir déjà assez foutu la merde comme ça, non ? Il faut que t'en rajoutes ? Tu te rends pas compte que t'es en train de tout foutre en l'air ? Tu sais dans quel état elle est, Emma, à cause de toi ? Ca t'amuse, de briser les couples, de briser les fiançailles, c'est ça ? Tu es pathétique, ma pauvre fille ! Le mieux, c'est que tu partes, allez, dégage ! DEGAGE, je t'ai dis ! »
d'un coup, sa respiration se bloqua, ses sourcils se froncèrent. sa gorge se serra, et il eut l'impression que son sang ne coulait plus dans ses veines. « écoute moi bien taissa, tu vas arrêter tout ce cirque maintenant, c'est compris? je ne te permets pas de frapper lily. tu peux me frapper moi, j'm'en fous, je te servirai de punching-ball, y'a aucun problème. mais ne l'inclus pas dans cette histoire entre emma et moi. ça partait en vrille depuis déjà un moment. je suis déjà agacé que tu t'en mêles alors que les seuls concernés sont emma et moi. j'ai fait du mal à emma, j'en suis conscient et je l'assume pleinement, je m'imagine très bien dans quel état elle se trouve actuellement, mais je ne peux pas me permettre de me pointer de nulle part pour venir la réconforter, surtout si c'est moi qui ai causé les torts. et en l'occurrence, là, c'est moi. mais lily n'est fautive de rien dans tout ça, c'est moi qui l'ai embrassée. d'accord? alors ne te défoule pas sur elle comme ça et ne traine pas dans l'echo park juste quand nous y sommes, merci. et je te demanderai de ne pas en rajouter à moins que tu ne veuilles me voir en colère. et si tu veux imaginer le truc, j'suis un peu comme tate, alors on va éviter. bonne journée taissa. » il avait dit tout ça les yeux fermés, et à présent, il se racla la gorge. il ne se serait jamais cru capable de rester aussi calme et avec autant de sang-froid. il adressa un petit sourire à lily, fier de sa réponse, le tout en rouvrant les yeux. il agissait un peu comme un petit garçon, mais il se sentait bien. son sourire s'agrandit quand il vint chercher sa main, et il eut l'impression que toutes les machines de son corps étaient à nouveau en marche, son sang chauffait à nouveau son corps entier, sa respiration s'était débloquée, et le reste suivit. il attira lily vers lui en rapprochant sa main de lui, et adressa un petit mouvement de tête à sa collègue, juste avant de partir, la main de lily dans la sienne. il s'avançait vers la sortie du parc. ne sachant pas trop où aller, il écouta son instinct lui murmurer un chemin jusqu'à lors inconnu. il tourna la tête vers la brune et embrassa le haut de sa tête. « je suis désolé pour tout ça.. » il se sentait étrangement à l'aise, malgré ce qui venait de se passer.
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:21

Enfant, il y a avait énormément de choses que Lily aurait aimé reprocher à ses parents. Ils s'étaient tous deux confrontés, détesté, blessés, pendant des années. Ils avaient cherché l'attention de l'autre par tous les moyens, quitte à le détruire de manière irréversible. Ils s'étaient aimé jusque dans la haine, se faisant souffrir mutuellement. A peine âgée de cinq ans, la petite fille en était venue à se demander comment on pouvait se plaire à blesser celui ou celle qu'on était censé aimer. Avec la maturité, au fil des années, elle avait parfaitement su cerner l'origine du problème : un amour inconditionnel et passionnel conjugué au phénomène "boule de neige" créé par les paparazzis. C'était la notoriété de son père qui avait visé et touché le piédestal sur lequel Phil Collins avait placé, avec amour, sa femme. Lily avait toujours nourri une rancune aussi explicable que violente pour les paparazzis qui avaient orchestré, sans le moindre remord, cette surmédiatisation qui avait coûté le bonheur du couple que formaient ses parents. Malgré cette rancœur, il restait une ombre au tableau, un petit détail qui échappait encore à Lily : elle restait persuadée, encore aujourd'hui, qu'elle ne pouvait placer toute la responsabilité de cette rupture sur le dos des paparazzis, malgré le rôle, aussi indiscutable qu'essentiel, qu'ils avaient pu y jouer. Car après tout, s'il avait été si fort que Phil le prétendait, ce mariage n'aurait pas sombré pour une simple histoire de magasines peoples. C'était pas ça, l'amour, le vrai. L'amour pouvait tout combattre, lorsqu'il était sincère. Oui, Lily était une grande romantique : pour elle, l'amour ne pouvait être que total, évident, et prêt à relever le moindre défi. Sans erreur, sans doute, sans égarement aucun. C'est en embrassant langoureusement Evan Peters qu'elle avait réalisé qu'elle s'était totalement fourvoyée sur la définition même de l'amour.
L'amour est violent, imprécis, impulsif. L'amour se montre parfois cruel, désordonné. Et surtout, l'amour est imprévu. Il n'intervient pas toujours au meilleur moment, et très rarement de la meilleure manière. Il est rarement rationnel, rarement parfait. L'amour n'est rien de tout cela. A vingt-cinq ans à peine, Lily avait eu la prétention jusqu'alors de savoir ce qu'était l'amour. Ironie du sort, c'est à ce moment là que celui-ci est intervenu. Cette année-là, exactement. Alors qu'elle coulait le parfait "amour" (mauvaise définition, rappelons-nous) avec un bel anglais d'un mètre quatre-vingt dix, à la chevelure dorée et aux yeux turquoise. Un anglais qui avait rompu - pour elle - ses fiançailles avec une actrice phare de la saga d'harry potter. Leur relation avait été douce, naturelle, simple. Un long fleuve tranquille. Puis, sans prévenir, Lily avait bifurqué, sans le vouloir vraiment, et sa barque avait été entraînée par un rapide. Elle avait navigué sur des eaux turbulentes, presque fatales. Mais depuis ce jour, elle ne parvenait plus à retrouver le chemin du fleuve tranquille qu'était Jamie. Quoi qu'elle fasse, elle n'arrivait pas à pagailler jusqu'à lui, pour la bonne et simple raison qu'elle n'en avait désormais plus envie. Lily voulait se laisser entraînée par le rapide qu'était Evan. Avec lui, tout était plus violent, plus compliqué, et plus dangereux aussi. Il s'agissait du chemin le moins facile. Énormément de gens en souffraient. Jamie, Emma, Taissa. Eux-mêmes. Et elle s'en voulait atrocement, de faire souffrir un garçon fou d'elle qui avait quitté Bonnie pour ses beaux yeux. Il avait fait tant de sacrifices pour elle, pour finalement la voir totalement attirée par son meilleur ami. Jamais Lily ne se pardonnerait pour ça. En attendant, elle se révélait plus indulgente avec ses parents depuis quelques jours. Déjà, elle savait désormais ce que ça faisait de voir sa vie étalée au grand jour sur du papier glacé, servie avec la description des erreurs qu'elle avait pu commettre vis à vis de Jamie qu'elle avait publiquement trompée. Et puis, contrairement à ce qu'elle avait pensé jusque là, la jolie brune commençait à croire que ses deux parents avaient connu l'amour et le vrai. Ça avait été compliqué, passionnel, et ils en étaient venus jusqu'à la haine. C'était l'intensité de leur amour qui avait tout détruit, et non pas l'absence d'amour. La pire des souffrances, la pire haine, ne pouvaient découler que du plus grand amour qu'il soit.
Et elle n'en prenait conscience qu'à cet instant précis, lorsque Taissa gifla Evan d'une force incroyable. Durant ces quelques secondes, elle aurait tellement aimé réagir. Mais la surprise doublée de la gêne qu'elle ressentait l'avait totalement tétanisée. Puisque, d'une part, Taissa avait débarqué sans prévenir (enfin, elle avait prévenu en criant le nom d'Evan, mais Lily était bien trop ... occupée pour s'en être rendue compte), et d'autre part, elle était très mal placée, honteuse qu'elle était, pour aller à l'encontre des propos de Taissa. Situation très complexée en somme. La situation était, aux yeux de Lily, dramatique, et elle tenta de faire ce qu'elle savait faire de mieux : calmer les esprits avec une patience mesurée et un sang froid à toute épreuve. La jeune anglaise posa ensuite son doux regard sur Evan, s'attendant à voir la colère se dessiner sur son visage. En réalité, il était presque détendu, et un petit sourire amusé et espiègle montrait qu'il pensait à certaines choses qui, visiblement, l'amusaient. Evan, une fois de plus, était imprévisible et incroyable. Ca en venait presque à déstabilisait Lily, sur le moment, qui se demandait à quoi il pouvait penser pour passer de la colère extrême à l'amusement. « écoute moi bien taissa, tu vas arrêter tout ce cirque maintenant, c'est compris? je ne te permets pas de frapper lily. tu peux me frapper moi, j'm'en fous, je te servirai de punching-ball, y'a aucun problème. mais ne l'inclus pas dans cette histoire entre emma et moi. ça partait en vrille depuis déjà un moment. je suis déjà agacé que tu t'en mêles alors que les seuls concernés sont emma et moi. j'ai fait du mal à emma, j'en suis conscient et je l'assume pleinement, je m'imagine très bien dans quel état elle se trouve actuellement, mais je ne peux pas me permettre de me pointer de nulle part pour venir la réconforter, surtout si c'est moi qui ai causé les torts. et en l'occurrence, là, c'est moi. mais lily n'est fautive de rien dans tout ça, c'est moi qui l'ai embrassée. d'accord? alors ne te défoule pas sur elle comme ça et ne traine pas dans l'echo park juste quand nous y sommes, merci. et je te demanderai de ne pas en rajouter à moins que tu ne veuilles me voir en colère. et si tu veux imaginer le truc, j'suis un peu comme tate, alors on va éviter. bonne journée taissa. »
Les yeux de Lily avait toujours été beaux. Des yeux noisettes, incrustés de quelques nuances de vert orangé. Oui, une couleur un peu étrange. Et pendant toute la tirade d'Evan, cette couleur n'avait pas quitté celle du jeune acteur. Lily était restée plantée là, à ses côtés, et n'avait rien fait d'autre que de le regarder. Cette tirade avait été incroyable. Il avait pris les choses en main de la meilleure des manières, et son charisme avait fait le reste. Et Lily était là, admirative. Ses yeux débordaient de fierté. Un petit sourire, léger et furtif, s'était dessiné sur ses fines lèvres rosées. Evan se tourna alors vers elle, et rouvrit ses yeux clos, le tout en lui adressant un sourire. Toujours admirative, Lily le fixa, encore subjuguée, et son sourire s’agrandit. Sa main rejoignit doucement la sienne, et elle le laissa faire. Elle se sentait tellement bien, à cet instant précis. L'intervention de Taissa l'avait paniquée, jusqu'alors. Mais la contre-attaque d'Evan avait tout changé. En un rien de temps, en quelques secondes, Lily s'était sentie ... En sécurité. Comme si Evan avait remis les choses à leur place. Bordel, qu'elle l'aimait. Elle l'aimait vraiment. Et dans ces moments-là, c'est fou à quel point cet amour lui revenait en pleine tête. Elle lui serra tendrement la main. Elle sentit alors la sienne l'attirait vers lui, elle se rapprocha donc doucement, et joua même de la situation en adressant, à Taissa, un sourire amusé et un petit air vainqueur, avant de se retourner pour suivre Evan. C'était petit, mais elle s'en fichait. Ça valait largement le coup violent qu'elle avait reçu. Toujours la main dans celle d'Evan, Lily le suivit sans rien dire. Quant à son sourire, il ne l'avait pas quittée. Elle ne savait pas vraiment où Evan l'amenait, mais peu importe, à ce moment-là elle s'en fichait royalement. Aussi niais que cela puisse paraître, elle l'aurait suivi n'importe où, de toutes manières.
Par contre ... Que dire après cela ? C'est lorsqu'elle se posa la question qu'Evan se rapprocha d'elle et lui déposa un baiser au sommet de son crane. Profitant de ce petit moment de tendresse et de calme que lui offrait son double, elle ferma les yeux une demie seconde. « je suis désolé pour tout ça.. » il n'avait pourtant pas à l'être. Taissa avait été aussi violente avec lui qu'avec elle. Il ne devait pas se sentir responsable des actes de tiers personnes qui avaient jugé bon d'intervenir alors qu'elles ne savaient strictement rien de ce qui pouvait se passer entre eux. Taissa, en l’occurrence. Lily releva légèrement sa tête vers Evan afin d'affirmer doucement : « ne t'excuse pas. Ce n'est pas de ta faute ... Tout va bien. » tout en disant ça, elle passa doucement le bout des doigts de sa main droite sur la lèvre d'Evan afin d'essuyer la petite goûte de sang qui s'y trouvait, vestige du coup porté par cette prétentieuse. Lily détestait insulter qui que ce soit, mais voir Evan dans cet état l'insupportait au plus haut point. Supporter la vue d'un œil au beurre noir sur son si beau visage était déjà bien trop lui demander. Lily baissa légèrement le regard vers leurs mains liés, et se remémorant le moment qu'ils venaient juste de vivre, elle ne put s'empêcher de sourire. D'une voix basse, comme si elle en venait à se parler à elle-même, la petite brune - pensive - déclara : « tu m'as impressionnée ... » il avait su gérer la situation face à Taissa : ce n'était pas vraiment la répartie d'une Lily calme et peu loquace qui aurait pu mettre fin à cette confrontation, à ce moment là. Mais elle oublia petit à petit ce moment d'admiration lorsqu'elle observa leurs mains avec plus d'attention. Lily réalisa, en effet, que sa propre main s'agrippait instinctivement à celle d'Evan, car c'était uniquement cette dernière qui lui permettait de garder l'équilibre. La douleur au crâne lui revint petit à petit tandis qu'elle avait l'impression que ses jambes, bien que droite comme un "i", étaient faites en coton, le tout accompagné d'une désagréable sensation. Comme si sa tête n'était qu'un récipient vide, et qu'elle ne parvenait plus à distinguer l'équilibre qu'elle devait adopter. De peur de se voir partir, c'est presque timidement qu'elle elle lui demanda : « Par contre, est ce que .. ahum ... Ca te dérangerait qu'on s'assoit, deux petites minutes, genre ... Tout de suite ? » elle s'en voulait presque de lui demander ça, ne souhaitant pas l'inquiéter ou quoi que ce soit, mais elle préférait s'assurer de ne pas tomber devant lui, ce qui risquait d'arriver à tout moment. Un banc, un muret, n'importe quoi ferait l'affaire tant que mes jambes ne me lâchent pas, pensa-t-elle.
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:22

il était désolé, tellement désolé de tout ça. en une seule journée, il avait plaqué emma contre son gré. (ou plutôt avec les encouragements de sa conscience), avait embrassé lily, deux fois. ainsi qu'une fois dans le cou, et avait rencontré taissa avec qui il s'était disputé. son œil le blessait, mais il tâchait de ne rien faire paraître. il devait avoir l'air fort et courageux devant lily, du moins c'est ce qu'il pensait. mais une pensée chatouilla son esprit : comment aimer une femme et ne pas lui montrer la stricte vérité sur son état émotionnel ? il avait mal. autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. son œil bleuté le picotait, et son cœur se brisait. parce qu'il suffisait que le contact physique avec lily stoppe pour qu'il repense à toute la souffrance qu'il faisait endurer à emma. quel monstre. comment osait-il lui infliger ça ? comment avait-il pu rester silencieux tout ce temps, et lui avouer tout ça, d'un coup, comme une bombe, pour ensuite retrouver celle avec qui il l'avait.. il l'avait.. trompée. finalement c'était ça. evan était quelqu'un d'infidèle. et sa culpabilité le martelait. imbécile, idiot, ordure. la voix fébrile d'emma rejoignit ses souvenirs à nouveau, pour briser toute son âme. il mentait quand il disait qu'il ne l'aimait plus. certes, son amour pour elle n'était pas comparable avec celui qu'il éprouvait pour lily.. mais il l'aimait quand même. comment ? il ne savait plus. il savait qu'avec la brune c'était passionnel et impulsif. avec emma c'était plutôt calme et posé. autrefois ils avaient cette passion de jeune couple, mais la passion dure-t-elle pour toujours ou meurt-elle forcément ? parce que si c'était la deuxième option, ça le tuait. cela voudrait-il dire que son excuse n'était même pas valable et qu'il avait quitté sa future femme sur un coup de tête ? si elle durait toujours, il se serait dit que l'amour entre eux avait été épuisé, que c'était mieux ainsi, que c'était terminé entre eux, et qu'il fallait officialiser la rupture. mais d'un autre côté, une part de lui ne pouvait s'empêcher de se sentir mal pour elle. et ça le tuait, parce qu'il ne savait pas si c'était de la pitié qu'il éprouvait, ou juste cette braise d'amour qu'il restait, et qui ne demandait qu'à être enflammée à nouveau. puis lily lui prit la main. et il se sentit comme un traître, et comme un amant heureux à la fois. il sourit à la simple vue de leurs mains entrelacées et se sentit confiant, gardant une petite emma, pleurant, dans le fond de son esprit. tout en le rassurant et en annulant ses excuses de par le simple et doux son de sa voix, elle caressa la lèvre d'evan pour enlever cette goutte de sang qui allait glisser sur son menton. à cet instant, il se sentit comme l'élément faible. mais il sourit néanmoins, accompagnant ce sourire d'un petit merci, traduit par un regard brillant, et un hochement de tête discret. les deux jeunes gens avaient tourné le dos à taissa pour marcher, main dans la main – et rien qu'à y penser, evan voulait fermer les yeux et profiter – pour s'avancer un peu plus loin dans le parc, à l'abri des regards, et surtout, à l'abri de sa collègue. puis, après un long silence lourd et pesant – silence qui en profita pour faire se remémorer à evan l'image d'emma qui le pleurait – lily lui avoua qu'elle avait été impressionnée. et à cet instant, il se sentit l'élément fort.

mais quelques mètres plus loin, la main de sa douce pressait la sienne. une pression de celles qui vous supplie de ne jamais lâcher, de ne jamais abandonner, comme si vous étiez le dernier espoir. alors il lui lança un regard inquiet, et il ne lui fallut que très peu de temps pour lui dire qu'elle ne tenait plus debout. enfin, ce n'était pas ce qui était sorti mot pour mot de sa bouche – sa bouche, ses lèvres, elles sont si douces.. - mais elle lui demanda de s'asseoir. ses yeux remplis de détresse, comme une urgence. alors evan pivota pour regarder autour de lui. il n'y avait rien. aucun banc, parce qu'ils étaient tous pris par des touristes venus se rouler des patins en observant les pigeons avaler de stupides et ridicules miettes de pain périmé dont les angelenos voulaient se débarrasser. il lâcha la main de la jolie brune durant un très court instant, et ôta sa veste. puis il reprit sa main dans la sienne et déposa délicatement son habit sur le sol humide. il l'étendit de manière à leur faire de la place à tous les deux, et sourit à nouveau. ne t'en fais pas, je suis là. puis il aida la jeune femme à s'asseoir, et fit de même. ils n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, ce qui le fit douter sur le temps qu'il tiendrait avant de lui sauter dessus. mais il se souvint qu'il était dans un parc. un parc, evan, un putain d'parc, retiens-toi, putain.. et à nouveau, il sourit. parce que c'est tout ce qu'il lui restait en réserve. mais le visage de la belle s'était terni. elle était pâle comme blanche-neige – belle référence, étant donné qu'elle a joué le rôle de blanche-neige – et il s'inquiéta. ses yeux scrutèrent l'entièreté du parc, et il repéra un distributeur. il chercha dans sa poche et compta les pièces qu'il avait emmenées. ça lui faisait un total de $8,64, et c'était assez pour pouvoir lui prendre quelque chose. leurs mains étaient toujours liées, mais celle de lily était moite. on aurait dit qu'elle allait s'effondrer, tomber, s'évanouir, ou qu'importe l'expression, il paniquait. il perdait totalement le contrôle. était-ce sa faute ? « je. lily, tu vas bien ? non.. non, tu vas pas bien.. je vais aller te chercher un truc sucré, ça marche ? en fait, non, j'm'en fous de ce que tu m'diras. et me dis pas que t'en veux pas parce que tu te trouves grosse ou quoique ce soit, parce que je... nan, c'est pas vrai, tu l'es pas, ok ? t'es magnifique comme ça et j.. j'm'égare. mais je reviens, tout de suite, dans quelques secondes, t'évanouis pas ok ? reste là. » il embrassa son front quasi-brûlant, et remarqua ses jambes trembler. alors il partit au pas de course lui chercher quelque chose. mais une fois arrivé au distributeur, il y avait une file incroyable. mais là n'était pas son plus grand souci, parce que, sorties de nulle part, des gamines de quatorze ans maximum coururent en hurlant. toute la queue de la machine s'était enfuie, et lui était là, planté devant une bonne dizaines de groupies. il déglutit, et jeta un regard paniqué à celle dont il ne pourrait jamais oublier les baisers. si doux, si chauds, si bons, si beaux. mais elles étaient là, avec leurs sourire jusqu'aux oreilles, et des tas de carnets, de bics. il aurait voulu les faire partir, mais il ne pouvait pas. alors il prit bic par bic, et signa cahier par cahier. il fit selfie par selfie avec ces jeunes adolescentes, et s'efforça d'adresser un large sourire à la caméra. mais seuls les gens crédules y auraient cru. sur son téléphone, l'heure. dix minutes s'étaient écoulées. dix longues minutes durant lesquelles il avait abandonné lily. il se sentit mal. et quand il voulut la regarder, il la vit encore moins en bon état qu'un sixième d'heure auparavant. il repoussa gentiment les fans, et saisit un numéro au hasard sur la machine. 69, parce que son esprit pervers avait tendance à se manifester dans les pires instants. il avait commandé un twix, et reprit un kinder bueno, suivi d'un sachet de cacahuètes oranges, et, constatant qu'il lui restait juste assez pour un coca, il le prit, lui aussi. ensuite il fonça la rejoindre, espérant ne pas la retrouver morte. et son cœur se figea une demi-seconde, à la simple image de lily décédée. une grande inspiration plus tard, il était assis à côté d'elle. « tiens, mon am....euh...je... je t'ai pris tout ça. tu vas pas bien je... ahhh... mange les. » il déballa les paquets devant elle, et lui tendit un morceau de twix (celui de gauche) comme s'il nourrissait un enfant. mais il n'en avait rien à foutre. pas maintenant, non. il devait l'aider au maximum, parce qu'elle avait même du mal à tenir assise. n'avait-elle donc rien mangé depuis trois mois ? elle semblait défaillir, et il se sentit se décomposer, lui aussi. et quand elle prit le morceau de chocolat pour le croquer la seconde d'après – en fait, elle avait mis plus de cinq secondes pour enchaîner ces mouvements, parce qu'elle agissait très lentement, mais au moins, elle avait réussi à le manger – il était rassuré. elle pouvait encore bouger. « lily, dis moi, tu es bien consciente ? quelle est ta date d'anniversaire? »
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MessageSujet: Re: evily ❅ come as you are   Mer 8 Avr - 20:22

Agréable. Toujours. Chaque moment partagé avec Evan l'avait été, jusque là. Leur première rencontre en particuliers. Le concert auquel ils s'étaient rendus tous les deux sans se connaître restait dans sa mémoire, et elle le considérait encore comme un de ses plus beaux souvenirs. Cela dit, ceux qui suivirent n'eurent rien à lui envier. Leurs sorties, leurs fous rires, leurs confidences, les heures passées à parler de tout et de rien, leurs habitudes, leur complicité, et tout ce qui s'était enchaîné, mois après mois. Jusqu'à leur baiser. Bien sûr que celui-ci restait l'un des plus beaux moments. Mais le désir qu'elle avait ressenti restait entachée par la culpabilité qui lui avait sauté la gorge, et qui continuait à boire son sang avidement, se délectant de tous les remords qu'elle entretenait, et de ses pensées consacrées à Jamie. Elle qui avait toujours prôné la fidélité, la loyauté, la maîtrise de soi. L'importance qui protégeait l'être aimé. A certains moments, pour être totalement franche, Lily se sentait comme la dernière des catins. La fille qui avait tout simplement trompé un acteur beau, sexy, drôle, adorable, alors que des centaines de femmes enviaient sa place. Alors qu'il avait tant fait de sacrifices pour elle.
Oui, mais voilà. Malgré tout ça, les moments passés avec Evan continuaient à être plaisants. Et c'était pire que tout, puisque Lily avait conscience de ressentir du plaisir, alors que ce même plaisir était l'origine de la souffrance de plusieurs personnes. Notamment une à qui elle était incroyablement attachée, et avec qui elle vivait une histoire d'amour passionnée depuis plus de deux ans. Elle était sans coeur. Il n'y avait pas d'autres mots. Comment peux tu te sentir à l'aise, là, dans ce parc, main dans la main avec Evan, alors qu'Emma est sûrement en train de dévaster l'appartement, que Taissa vient de s'en prendre à toi, la fameuse briseuse de ménage, et que Jamie, le doux Jamie, est en train de pleurer, quelque part ?
Pourtant, lorsque Lily serra la main qu'elle tenait dans la sienne, elle était tout sauf apaisée. Son épaule, son cou, et le haut de son corps la faisaient souffrir. Un sentiment de mal-être la gagna, tandis qu'un arrière goût d'épuisement s'infiltrait dans chacun de ses membres. Elle n'avait aucune envie de faire comprendre à Evan qu'elle n'était pas en état de faire quoi que ce soit, mais sa vision se troubla, et inconsciemment, sa main se resserra sur la sienne. L'instinct de survie lui fit comprendre qu'elle risquait de tomber à tout moment. C'est donc à contre-coeur qu'elle l'avoua à Evan, alors qu'elle essayait de cacher tant bien que mal ce que la torturait. Il posa alors son regard sur elle, et sembla inquiet, tout à coup. Avait-elle une si mauvaise mine que ça ? L'inquiétude qu'elle put lire dans ses yeux la fit d'autant plus culpabiliser. Tandis qu'il tentait de trouver une solution, la petite anglaise se concentra pour faire disparaître les petits points blancs qui lui troublaient la vue et la rendaient encore plus faiblarde. Puis il lui lâcha la main. Elle le laissa faire, tentant de rester aussi droite que possible sur ses jambes, légèrement perplexe face aux gestes d'Evan qui se dévêtit rapidement en retirant sa veste. Un agréable sentiment de sécurité la réchauffa lorsque la main du jeune homme rejoint la sienne, quelques secondes plus tard. Des secondes qui lui avaient paru des minutes. Et enfin, elle comprit son intention lorsqu'il allongea sa veste sur le sol. A ce moment précis, Lily souhaita intervenir à son tour, lui dire que ce n'était pas nécessaire, et que ça allait passer. Mais elle sentit ses jambes trembler, son coeur faiblir, son esprit se perdre, et l'évidence lui vint à l'esprit : peut-être valait-il mieux qu'elle laisse Evan faire, plutôt que chercher à faire sa fière et tomber comme une potiche à côté de lui quelques minutes plus tard. Alors, elle ravala sa fierté comme elle le put, et le laissa la guider jusqu'au sol. Mon dieu, qu'il était bon d'être assise ... La faiblesse la guettait de plus en plus. Pour se rassurer, oublier le mal-être qui la guettait, elle s'autorisa à relever son regard vers son bonheur, sa lumière positive, sa sécurité. Evan était bien là, assis juste à ses côtés. Son sourire était protecteur, rassurant. Malgré son mal-être, il lui donna l'envie de lui en offrir un à son tour, pour le rassurer, pour le remercier. Il était faible, son sourire à elle, certes. Mais c'était un sourire sincère.
Puis son regard descendit jusqu'à ses lèvres. La proximité lui fit perdre la tête, déjà qu'elle ne savait plus bien où elle pouvait se trouver à cause de son pseudo-malaise. Mais t'en as pas marre, d'être toujours attirée par lui, même quand t'es sur le point de tomber dans les pommes, sérieusement ? "Tais-toi, conscience. C'est pas ma faute." Puis, les lèvres d'Evan devinrent floues, de plus en plus. Elle ferma doucement les yeux. Même l'attirance qu'elle ressentait pour lui à ce moment précis ne l'aida pas à revenir à la réalité, à la santé, elle ne sentait même plus la main dans la sienne. Pour être exacte, elle ne sentait strictement plus rien. « je. lily, tu vas bien ? non.. non, tu vas pas bien.. je vais aller te chercher un truc sucré, ça marche ? en fait, non, j'm'en fous de ce que tu m'diras. et me dis pas que t'en veux pas parce que tu te trouves grosse ou quoique ce soit, parce que je... nan, c'est pas vrai, tu l'es pas, ok ? t'es magnifique comme ça et j.. j'm'égare. mais je reviens, tout de suite, dans quelques secondes, t'évanouis pas ok ? reste là. » malgré son état, Lily ne put s'empêcher d'être amusée par les propos d'un Evan paniqué. Alors, doucement, un sourire en coin se dessina sur son visage. Elle aurait aimé lui répondre tant de choses: en temps normal, elle n'aurait pas loupé l'occasion pour se moquer gentiment de lui. Parce qu'elle aurait trouvé son intervention adorable, parce qu'elle aimait son comportement gêné dans certaines situations, parce qu'elle l'aimait tout court. Mais là, bien que l'envie la dévore, elle en fut incapable. Elle se contenta de répondre d'une voix douce, presque faible : « okay, je reste là. » c'était déjà un effort énorme, dans son état, convenons-en. Son ressenti fonctionna à nouveau lorsque les lèvres chaudes d'Evan se déposèrent sur son front. Puis, instinctivement, comme si elle voulait le rassurer autant que lui le faisait, le pouce de Lily caressa le dos de sa main, juste avant qu'elle ne lâche la sienne pour partir à la conquête de nourriture. Et là, la solitude. Le néant. Et surtout, le mal-être. Les secondes défilaient lentement et laissaient l'inconfort gagner ses entrailles sans mal. Sa tête tournait de plus en plus, les petits points blancs s'accumulaient dans son champ de vision, quand bien même ses yeux restaient fermés. La vitesse de circulation de son sang était si lente qu'elle en venait à ressentir le besoin de ses muscles. Cette fois-ci, ce fut sans appel : elle n'était vraiment pas bien. La coutume voudrait que les malaises soient si désagréables à vivre qu'il s'accompagneraient d'une petite panique. Et Lily ne dérogea pas à la règle, puisque son petit coeur s'affola, bien qu'elle soit parfaitement calme en apparence. Assise, les yeux tantôt fermés tantôt perdu dans le vide, et la peau plus blanche qu'accoutumée. Depuis combien de temps Evan avait-il disparu ? Des secondes, des minutes, des heures ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Elle n'avait plus la réalité des choses, puisque celles-ci se dérobaient à elle : le temps, la vision, et même le sol. Car il lui fallut du temps avant de se rappeler qu'elle était assise. D'ailleurs, incapable de maintenir l'effort de la position encore longtemps, elle s'allongea - légèrement sur le côté, jambes un peu repliées - sur la veste d'Evan. En priant pour que la terre arrête de tourner. S'il te plait, arrête, j'arrive plus à suivre. elle rapprocha sa main près de son visage, et c'est à ce moment là que le sens de l'odorat lui revint. Celui-ci uniquement, mais fortement appréciée. L'odeur que dégageait la veste ... Le parfum d'Evan. Celle-ci s'associait subtilement aux effluves des feuilles mortes florissant les chemins du parc. Et ce mélange lui plut, la rassurait, la raccrochait à la réalité. Elle se sentait mieux malgré le malaise qui la guettait. Elle respira à plein nez en se lovant contre la veste d'Evan, Durant tout ce temps, elle crut entendre de l'agitation autour d'elle. Des bruits, des paroles, voire même des cris. Que se passait-il ? Elle était dans l'incapacité de le découvrir, vu qu'elle ne parvenait même pas à s’asseoir. Peut-être s'agissait-il d'un délire, d'une hallucination, fruit de son imagination rendue malade à l'instant. De toutes manières, le mal-être la gagnait si facilement qu'elle se fichait totalement du reste, même du monde qui l'entourait. Lily sentait le sommeil s'accaparait son corps, ses membres, mais elle ne parvenait pas à comprendre si ce sommeil était sain ou non. S'agissait-il d'un simple coup de fatigue, ou les préliminaires d'un malaise pur et dur qui avait décidé de la torturer jusqu'à ce que mort s'en suive ? Une éternité passa, puis des pas, puis un bruit. Et le sentiment de sécurité revint instantanément quand la voix chaude d'Evan s'éleva à nouveau. Elle était mal, certes, mais la présence d'Evan savait guérir tous les maux. « tiens, mon am....euh...je... je t'ai pris tout ça. tu vas pas bien je... ahhh... mange les. » Lily rouvrit doucement ses yeux noisettes. Elle était à deux doigts du malaise, certes, mais elle avait parfaitement entendu. "Mon amour". Était-ce ce mot doux qu'il avait failli prononcer ? Elle avait adoré. Même si ce n'était que la moitié du mot. Même s'il n'avait pas fini sa phrase. Même si le mot "amour" n'était pas entier, elle avait aimé. Parce que c'était un bout de l'amour d'Evan, et ça, c'était déjà beaucoup. Elle n'eut pourtant pas le loisir de s'y attarder, dans la mesure où sa tête se fit si lourde qu'elle eut des difficultés à se rasseoir. Elle concentra le peu de force qu'il lui restait dans son bras gauche, attrapant le morceau de chocolat qu'il lui tendait, et elle en croqua doucement un morceau. Elle n'avait même pas réalisé tout le temps qu'il avait fallu pour qu'elle enchaîné ses mouvements. Uniquement l'effort que cela lui avait demandé. Elle en avait même du mal à avaler. Elle se concentra à nouveau pour essayer d"oublier ce mal-être : « lily, dis moi, tu es bien consciente ? quelle est ta date d'anniversaire? » très franchement, lily entendait à peine sa voix. Alors, pour ce qui était du sens, c'était compliqué. Mais elle se concentra. Les yeux ouverts, elle s'accrochait au réel en observant les traits du visage d'Evan. Il avait l'air inquiet. Vraiment inquiet. Et elle détestait le voir dans cet état, elle en venait même à culpabiliser. Elle préférait le voir rire, sourire, plutôt que voir cette ride d'inquiétude se dessinait juste au dessus de son oeil droit. Elle se força alors à lui adresser un petit sourire, et d'une voix tendre mais excessivement lente et blanche, elle lui répondit : « tu comptes me demander aussi combien j'ai de doigts, et quel est le président des états unis ? » elle voulait le faire sourire. Il était le seul pour qui elle était capable de manier l'humour, à un instant comme celui-ci. Elle souhaita tout de même lui répondre, dans l'unique but de lui prouver qu'il n'y avait pas de soucis à se faire. Elle réfléchit, puis commença d'une voix pensive : « 20 janvier ... Ha non, ça c'est toi ! » avant de se reprendre. Cette fois-ci, ce n'était pas une blague ... Elle venait véritablement de donner la date de naissance d'Evan au lieu de la sienne. Elle tâcha de trouver la bonne réponse pour rattraper le coup, mais ce fut peine perdue : son cerveau, se noyant dans les méandres des tiraillements du malade, refusait de l'aider. Pour compenser l'absence de réponse, Lily se contenta d'ajouter difficilement : « ça va aller, evan ... je te promets, ça va aller ... » puis là, elle le sentit. L'épuisement, le manque de force ultime. Elle n'était plus capable de rester assise, et l'anglaise le réalisa lorsqu'elle glissa doucement au sol, petit à petit. Elle se retrouva contre le torse d'Evan en quelques sortes, sans l'avoir calculé. Elle voulut se relever, s'excuser, mais ne réussit à rien entreprendre. Sa vision était totalement trouble cette fois-ci, et elle se sentit comme dans un rêve : incapable de parole, ou d'actions, de quelle sorte que ce soit. Alors, elle posa doucement sa main sur ses yeux fermés. Geste instinctif totalement inutile. Comme si cela pouvait lui rendre la vue, ou une attitude normale. Les secondes lui parurent une éternité lorsque son corps rassembla ses forces pour dresser un triste constat : « On dirait bien qu'à chaque fois qu'on se retrouve, nous deux on finit mal ... Tu crois que c'est un signe ? » c'était la seule chose qui lui était venue à l'esprit, à ce moment précis. Il s'était pris une alliance dans l'oeil. Il s'était fait giflée par Taissa. Elle avait été attaquée par Taissa. Et maintenant, elle était au bord de l'évanouissement. S'agissait-il d'une punition divine, d'un retournement de situation, de l'action du karma, ou encore la vie qui leur disait "laissez tomber, vous devez pas être ensemble, vous devriez même pas vous voir, vous êtes des erreurs de la nature" ? Partant de ce principe, ça reviendrait à lui demander "Evan, ce qu'on fait est mal ... Tu penses qu'il faudrait qu'on arrête ? " Mais ses réflexions philosophiques s'arrêtèrent aussi vite qu'elles étaient nées, parce que Lily était mal. Très mal. Elle sentait sa peau se refroidir, ses muscles la lâcher, et tous les sentiments les plus désagréables qui soient. « Mon dieu, la terre tourne vraiment vite ...» stupide bouche qui n'arrêtait pas de faire une lecture audio de ses pensées. D'ailleurs, elle ne parvenait plus à distinguer le vrai du faux, ses paroles de ses pensées. L'avait-elle dit à voix haute, ou y avait-elle seulement songé ? C'est à ce moment précis que l'homme aux-baisers-envoûtants refit son apparition dans son esprit vide. Evan, inquiet. Non, il ne fallait pas l'inquiéter. Il ne fallait vraiment pas. Sa principale préoccupation, malgré son état plus que déplorable, fut de le rassurer. Elle tenta donc de reprendre une voix "normale", et quitta son torse tout doucement en fronçant ses sourcils « Je vais essayer de me relever. ça va passer, j'en suis sûre.» mais à peine avait-elle commencé à se rasseoir que le malaise la frappa bel et bien. Lily perdit entièrement connaissance, et ses muscles la lâchèrent, tandis qu'elle plongeait dans l’assombrissement le plus total. Et là, trou noir. Il n'y avait plus d'Evan, plus de parfum, plus de feuilles mortes, plus de parc, plus de sentiments, plus de mal-être. Plus de réalité. Lily avait officiellement perdu le combat. LILY COLLINS, KO. GoodBye.
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